Résumé

Portrait de Pierre Loti Pierre Loti La grande barbarie (fragments) (1915)

Tandis qu'il y a ici un ensemble : d'abord une cathédrale, que prolongent des dépendances compliquées, et puis des espèces de palais, dont les longues façades à clochetons alignent en séries leurs fenêtres ogivales. C'est un groupe, à peu près unique au monde, c'est un véritable quartier, tout en colonnettes, en arceaux, en archaïques dentelles de pierre.
Le ciel est bas, sombre, angoissant comme dans les rêves. Cependant la vraie nuit n'a pas commencé de tomber ; mais ce sont les épais nuages des hivers du Nord qui jettent
sur la terre cette sorte d'obscurité jaunâtre.
Source : Gallica

Portrait de Pierre Loti Pierre Loti La grande barbarie (fragments) (1915)

La nuit tombe quand l'audience est close et que je me retrouve dans le sentier de l'abbaye. Pendant le trajet de retour, à travers ces routes défoncées par la pluie, défoncées par les charrois militaires, je reste sous le charme de l'accueil. Et je compare ces deux souverains situés pour ainsi dire aux deux pôles de l'humanité, celui d'ici au pôle lumineux, l'autre au pôle noir ; l'autre, là-bas, le bouffi d'hypocrisie et de morgue, monstre parmi les monstres, qui
a du sang plein les mains, de la chair déchirée plein les ongles, et qui ose encore s'entourer d'une pompe insolente
Source : Gallica

Portrait de Pierre Loti Pierre Loti La grande barbarie (fragments) (1915)

La cathédrale, le grand beffroi ne dessinent plus sur le ciel que leurs silhouettes, qui ont l'air d'avoir été figées dans des gestes à bras cassé. A mesure que la nuit vous enferme davantage sous l'épaisseur de ses nuages, on se rappelle mieux les ambiances funèbres au milieu desquelles Ypres est maintenant perdue, les profondes plaines dépeuplées et bientôt toutes noires, les
chemins défoncés par où l'on ne saurait fuir, les champs noyés ou feutrés de neige, les réseaux de tranchées où nos soldats, hélas !
Source : Gallica

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