Pierre Loti,
L’Horreur allemande
“ Si on y additionne un nombre égal d’Autrichiens, on voit quelle couche de poussière humaine est venue s’abattre sur ces pierres, et s’y mêler pour l’éternité... Hélas ! quels immenses cimetières de soldats nous rencontrons ! Voici le plus grand que j’aie peut-être jamais vu ; il est abrité un peu des obus par un long repli de terrain, dans lequel sont creusées, tournant le dos à l’ennemi, les cavernes des soldats vivants, — et ainsi, dès qu’ils sortent de leurs trous, ces épargnés, ils ont sous les yeux les innombrables tombes de leurs camarades héroïquement morts. ”
