Pierre Loti

Pierre Loti

Résumé

Portrait de Pierre Loti Pierre Loti La hyène enragée (1916)

Aujourd'hui on n'entend plus le canon, et on serait tenté d'oublier que les Barbares sont là tout près, — s'il n'y avait tant de cimetières improvisés le long du chemin... Toujours ces pareilles petites tombes de soldats, que l'on rencontre maintenant d'un bout à l'autre de notre chère France, le long du front de bataille; modestes croix de bois, en rang comme à l'exercice, coiffées, les unes d'une couronne, les autres, plus touchantes, d'un pauvre képi rouge ou bleu qui va tomber en lambeaux. Nous leur faisons en passant le salut militaire.
Source : Gallica

Portrait de Pierre Loti Pierre Loti La hyène enragée (1916)

La boue vous happe jusqu'aux chevilles, et on n'en peut plus retirer son pied, car elle colle comme de la glu. Le vent reste toujours aussi âpre, glacé; mais, au milieu du ciel trop bleu, rayonne un soleil qui brûle la tête, et, sous le casque d'acier qui devient plus pesant, la sueur perle au front. La neige décidément s'est mise à fondre à vue d'oeil ; toutes les tristes collines dénudées reprennent par le sommet leur couleur brune et semblent des croupes de bêtes, couchées sur ces plaines encore blanches.
Source : Gallica

Portrait de Pierre Loti Pierre Loti La hyène enragée (1916)

Elle est pleine de monde, cette tranchée qui arrêtera le choc des barbares ; elle est nuit et jour prête à se hérisser de fusils. Et ceux qui vivent là, terrés à peine pour le moment, savent que d'une minute à l'autre les obus recommenceront leur arrosage quotidien, enlevant les têtes qui se risqueraient dehors, crevant les poitrines ou déchiquetant les entrailles. Ils savent aussi qu'à n'importe quelle heure imprévue, au pâle soleil ou dans l'obscurité du milieu de la nuit, il y aura contre eux des ruées de ces barbares, dont la forêt d'en face est encore pleine
Source : Gallica

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