Adolphe Brassard

Élements biographiques

Adolphe Brassard,  Péché d’orgueil

“ Il eut un cri :
— Alix !
— Oui, mon bien-aimé, il n’appartient pas qu’aux Bordier d’avoir un seul, un seul et unique amour au cœur...
— Ah, vous m’aimez !... Divine et sainte ivresse, vous m’aimez ! Je le sens, je le vois dans vos yeux, par votre sourire. Tout le chante en vous...
Il la prit dans une étreinte frénétique.
— Votre amour, reprit-il passionnément, il m’enchante... Il nous ravit tous deux, si près l’un de l’autre, dans les bras l’un de l’autre, enlacés, éperdus de joie... Ah que c’est bon !... Que la vie est belle !... et vous êtes adorable...
”
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Adolphe Brassard,  Les Mémoires d’un soldat inconnu

“ Il ne faut pas mourir quand s’avance l’épousée qui sourit à l’enfant appuyé à son sein et qu’à l’horizon pointe la paix.
Il ne faut pas mourir, et pour la sauver sa vie à soi, on tue sans compter la vie des autres.
Il ne faut pas mourir quand on n’a pas vingt ans, et, pour cela, je fais de ma poitrine un bouclier vivant à mon juvénile compagnon. Il ne faut pas que rien n’atteigne son front lisse, ni ses yeux francs, ni sa bouche charmante. Il ne faut pas que son âme quitte ce beau corps où bat un cœur aimant et pur. Et puis, chaque coup que je lui évite, ça me rachète.
”
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Adolphe Brassard,  Péché d’orgueil

“ Il vit crouler dans un amas informe, sa fierté et l’estime de soi, et sur le tout se dessiner les mots ignobles : « Tu es le fils de la honte. » Il résuma sa souffrance :
— J’endure l’agonie de l’homme en santé, aimant la vie, que l’on a forcé à boire un poison, et qui se sent mourir.
Eustache s’approcha de son fils, et l’obligea à l’envisager.
— Paul, mon cher enfant, cesse de te martyriser. Chasse de ton cœur le souvenir de ta pénible origine. Relève la tête, porte-la bien haute, car tu es beau, et ton âme est plus belle que ton corps.
”
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