Armand Renaud

Résumé

Armand Renaud Les Nuits persanes (1896)

Qu'on ne me parle plus de la Kaaba Où l'on baise la pierre noire.
L'amour plus sûrement du ciel me tomba ; A lui seul mon baiser veut croire.
La rose blanche était le triste ornement
De la vierge, aux langueurs en proie.
Femme aimée, ôte-la; mets pour ton amant La rose rouge de la joie.
LA VALLÉE DE L'UNION
Ascension
AVEC l'aile de l'oiseau, La chair atteint l'azur; l'eau Fait du nuage son aile.
Le feu vole, rayon d'or; La fleur reste à la tonnelle, Mais son parfum prend l'essor.
Pour monter, la lyre en elle A le son; l'âme, à son tour, S'ouvre et s'envole en amour.
Source : Gallica

Armand Renaud Les Nuits persanes (1870)

Et grâce au pouvoir des versets Récités par moi, grâce au nombre De mes jeûnes, je saisissais Le mystère remplissant l'ombre.
Tout l'univers inanimé Vivait ; un trouble taciturne, Pour atteindre à l'être innommé, Montait en amour de cette urne.
Et jamais saint accord du luth, Jamais chant sacré du poète, Des choses vers Dieu, ne valut Cette élévation muette.
LA DÉPOUILLE DU VIEIL HOMME
A LÉO JOCBERT
J'ai fait des strophes à la lune, Ravi qu'un rossignol chantât ; J'ai bu dans le vin la fortune ; Je fus amant ; je fus soldat.
Femme, triomphe, ivresse, rêve, Que reste-t-il de tout cela ?
Source : Gallica

Armand Renaud Les Nuits persanes (1870)

Oh ! pour un son de lyre, Oh! pour le moindre azur, Je laisserais porphyre, Perles fines, or pur.
Mais le seul qui les donne, L'amour, doux et cruel, M'interdit ma couronne D'harmonie et de ciel.
Et plus tout luit, tout monte, Tout devient vaste et beau, Plus la douleur me dompte,
Plus je suis un tombeau.
SUR LE NIL
Etouffez-moi sous des tas de murailles, Se criblant d'yeux pour m'observer ; De mon amour chantez les funérailles.
Mon rêve est là pour vous braver.
Les eaux du Nil, toutes pâles, s'écoulent, Sous les étoiles de la nuit.
Des sphinx, au bord, sur deux rangs se déroulent.
Source : Gallica

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