Antoine François Marius Rey-Dussueil

Résumé

Antoine François Marius Rey-Dussueil Le cloître Saint-Méry (1832)

Alors on pousse des barricades un cri de qui vive!. Elle fait halte, et l'on voit comme une moisson de fer qui s'agiterait au vent, et l'on entend un long et sourd fracas d'hommes et d'armes qui se heurtent.
— Qui vive? répète la sentinelle en apprêtant son mousquet.
— Amis ! répond l'un des officiers qui commandaient l'avant-garde.
Les combattans se regardèrent d'un air de doute.
— Amis! dit enfin le housard. Je n'en
avais jamais vu une procession si longue, ni surtout avec de tels cierges.
Source : Gallica

Antoine François Marius Rey-Dussueil Le cloître Saint-Méry (1832)

Aucune trace de sang ne peut mettre sur la voie
de leur fuite, car chaque blessé est resté gissant sur la place; les coups étaient portés de trop près et d'une main trop sure.
— Victoire ! victoire! crie Charles.
—Et d'une! dit le housard; mais elle nous coûte cher, car les drôles se battent bien. J'ai peine à concevoir comment avec tant de bravoure ils ont pu recourir à une aussi indigne ruse, à une trahison.
—Le combat vous a fatigué, dit Julien à Charles qui s'efforçait de reprendre haleine. C'est que vous avez vaillamment fait vos preuves.
Source : Gallica

Antoine François Marius Rey-Dussueil Le cloître Saint-Méry (1832)

La vie ne vaut pas d'aussi horribles perplexités.
— Oui, dirent les autres ; c'est perdre son sang goutte à goutte, c'est mourir à coups d'épingle. Mieux vaut ne mourir qu'une fois. A la garde de Dieu, et baïonnette en avant !
—A moi, à moi, mon mousquet ! dit le fiévreux qui les vit faire. Victoire ! victoire !
— Camarades, dit un autre en essayant de se lever; mettez-moi sur mes jambes, que je porte un dernier coup avant de recevoir le mien.
Lucile et sa compagne s'étaient réfugiées tremblantes dans un coin du caveau.
Source : Gallica

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