Jean Renaud,
Mirages d'exil
(1914)
“ De la vie se mêle à l'immobilité majestueuse du végétal souverain et on devine que dans le temple de ses frondaisons inviolées vibre une « âme » au mystère à la fois hostile et attirant. Ici, tout paraît figé dans l'éternelle rigidité de la fin. C'est la forêt sans l'intime étreinte des lianes et des branches ; c'est la forêt aux arbres que des espaces isolent et qui tordent leurs troncs maigres, nus au-dessus d'une herbe jaune que le soleil calcine et racornit; c'est la forât sans son « âme », son âme empoignante, malgré l'influence invisible des esprits mauvais ou des pestilences mortelles. ”

