Résumé

Auguste Martin Ma dernière folie : contes joyeux et autres poésies (1846)

Un de vos gens, nommé Lepage, De ma fille chérie infâme suborneur, A triomphé de sa pudeur, Sur la foi d'un saint nœud, du nœud du mariage.
De sa promesse à présent il se rit.
Ah ! daignez me rendre justice.
Il n'est point de trop grand supplice Pour un parjure, un scélérat maudit.
— Mon ami, je ne sais qu'y faire.
Notre fripon, par malheur, est Français; Ces messieurs-là n'aiment que par accès ; Tromper le sexe est chez eux ordinaire : C'est donc un vice du terroir.
Puisque rester constant n'est pas en son pouvoir, L'équité veut qu'à Lepage on pardonne.
Source : Gallica

Auguste Martin Ma dernière folie : contes joyeux et autres poésies (1846)

LE CERVEAU BRULÉ.
L'esprit en chaque mot chez Arnould étincelle.
Son gendre, AndréMurville, assez mince rimeur, Lui dit un jour : « Sans gloire il n'est point de bonheur, Et je me brûle la cervelle, Si, quand je compterai trente ans, Je n'ai point obtenu, pour prix de mes talents, Un fauteuil à l'Académie. »
- Faut-il, répond Arnould, te parler en amie?
A tant d'honneur tu n'es pas appelé; Ainsi tais-toi, tais-toi, cerveau brûlé. »
Source : Gallica

Auguste Martin Ma dernière folie : contes joyeux et autres poésies (1846)

Chez Dolibon, célibataire Et presque octogénaire,
A la hâte on arrive : « Ah ! monsieur, quel malheur!
L'unique fils que laissa votre sœur,
Lui, dont chacun vantait l'esprit, le caractère, Qui vous aimait comme l'on aime un père.
Vient de mourir subitement.
Vous ne le verrez plus, ce neveu si charmant !
A vingt ans succomber, c'est une chose affreuse !
- Cette nouvelle est sans doute fâcheuse, Mais contre tout événement Il faut qu'on s'arme de courage.
La mort n'a point égard à l'âge, Elle nous frappe aveuglément; Paul croyait recueillir bientôt mon héritage, Et c'est moi qui survis. »
Source : Gallica

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