Résumé

Achille Marminia Les animaux philosophes : dialogues des bipèdes et des quadrupèdes précédés d'une préface rédigée par un honnête chein barbet… (1865)

Pourceau, toi-même, hargneux, qui rage dans ton âme De voir que cet écrit doit attirer le blâme Sur celui que mon maître écrase de son poids.
LE CHIEN DE TERRE-NEUVE.
Ne te vante pas tant; n'élève point la voix; Nous verrons si ton maître aura beau jeu. J'admire Et sa présomption et son flegme. La lyre Dont il se sert manqua de cordes, je le vois: Autant d'œuvres, autant d'inutiles exploits Dont l'éditeur se moque en secret.
LE GRIFFON.
Lâche bête!
LE CHIEN DE TERRE-NEUVE.
Vois! ton maître croyait en ce jour être en fête,
Et le déboire arrive au grand trot.
Source : Gallica

Achille Marminia Les animaux philosophes : dialogues des bipèdes et des quadrupèdes précédés d'une préface rédigée par un honnête chein barbet… (1865)

LE CHIEN DE TERRE-NEUVE.
Poursuis toujours, mon cher. La langue à la fin s'use.
Tu n'eus point, je le vois, ce sentiment de buse Qui porte un animal à tout croire ici-bas.
Ton savoir exercé me fait tendre les bras
A celui dont le maître est là, cherchant fortune, Confiant dans un livre à l'allure importune, Qu'un discret éditeur va refuser tout net.
Avec moi montre-toi confiant et discret; Je veux ouvrir mon cœur au griffon qui m'écoute.
Ecarquille tes yeux, ami. Si quelque doute Surgit dans ton esprit de quadrupède, après Tu parleras sans crainte.
Source : Gallica

Achille Marminia Les animaux philosophes : dialogues des bipèdes et des quadrupèdes précédés d'une préface rédigée par un honnête chein barbet… (1865)

LE CHIEN.
L'homme, convenez-en, fut toujours une bête Courant après la gloire en insensé qu'il est, Essayant de saisir cet invisible trait Qu'on nomme le bonheur et qui passe en fumée: C'est une flamme éteinte avant d'être allumée.
LE CHAT.
C'est vrai, vous raisonnez comme feu mon aïeul.
Ce brave mien parent, assurait que l'orgueil
De l'homme est le mobile, et que la suffisance Dont est plein ce faquin, rend sa frêle existence Etrange, triste, en butte aux affreux coups du sort.
Nous autres animaux dont le cœur est plus fort, Nous méprisons la gloire et ses charmes futiles
Source : Gallica

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