Léon Frapié

Léon Frapié

Résumé

Portrait de Léon Frapié Léon Frapié La maternelle (1904)

Un mélange de chaleur, d’odeur et de bruit me pénètre, je soupire longuement et me regonfle. Je sens, comme au toucher, l’existence multiple, la respiration de l’école. Et j’aime les enfants-types qui ressortent dans le peuple des bancs ; j’aime la Souris et j’aime Bonvalot. J’aime le bruit des galoches au-dessus de ma tête, dans la classe de Mme Galant ; il ne cesse jamais nettement : dans le plus de silence que l’on puisse obtenir, il y a toujours, par-ci, par-là, des galoches qui raclent ; on pense à un locataire faisant son ménage et qui n’aurait jamais complètement fini.
Source : Wikisource

Portrait de Léon Frapié Léon Frapié La maternelle (1908)

A l’issue de ma troisième journée, au milieu de la petite classe, comme je me recueillais dans ce silence avide propre aux locaux administratifs et qui propage en sonorité creuse le moindre heurt du pied contre un meuble,—ce fait stupéfiant m’est apparu nettement: de tout le personnel d’une école maternelle, c’est la femme de service qui assume le rôle le plus indispensable; une maîtresse, la directrice même peut s’absenter sans trop d’inconvénient, mais on ne saurait se passer un seul jour des deux manœuvres: la cantinière et la préposée à la propreté.
Source : Gutenberg

Portrait de Léon Frapié Léon Frapié La maternelle (1904)

Ce n’est pas seulement une plainte d’oiseau que l’on entend, c’est bien plus grand : c’est une plainte de maman ! On dirait qu’il y a aussi l’arbre, le soleil, le ciel qui pleurent avec la mésange. Figurez-vous toutes les choses qui pleurent autour de vous. Sachez alors que toutes les mamans du monde, les mamans des enfants et les mamans des animaux, pleurent de la même manière quand on leur a pris leur petit, puisque l’on a fait du mal à la vie que nous respirons, puisque c’est tout qui souffre du même coup, c’est la maison et c’est la rue !
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature