Résumé

Portrait de Colette Colette Claudine à l’École

Elles ne bougent pas, tentées, sûrement, mais craintives. Je m’empare de deux touffes de « sabots-de-Vénus » piquetés comme des œufs de mésange, et je fais signe que j’attends. Anaïs se décide à m’imiter, se charge de deux géraniums doubles, Marie imite Anaïs, Luce aussi, et toutes les quatre, nous marchons prudemment. Près de la porte la peur nous ressaisit, absurde, nous nous pressons comme des brebis dans l’ouverture étroite de la porte, et nous courons jusqu’à l’École, où Mademoiselle nous accueille avec des cris de joie. Toutes à la fois, nous racontons l’odyssée.
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Portrait de Colette Colette Claudine à l’École

Ça ne vous fait donc pas de plaisir à vous ? Je suis donc comme une Anaïs ou une Marie Belhomme pour vous ? Ma chérie, revenez, revenez encore me donner des leçons d’anglais ! Je vous aime tant... je ne vous le disais pas, mais maintenant vous le voyez bien !... Revenez, je vous en prie. Elle ne peut pourtant pas vous battre, cette rousse de malheur !
La fièvre me brûle, et je m’énerve plus encore de sentir qu’Aimée ne vibre pas à l’unisson. Elle caresse ma tête qui repose sur ses genoux, et ne m’interrompt guère que par des tremblants « ma petite Claudine ! »...
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Portrait de Colette Colette Claudine à l’École

Je m’ennuie à l’école, fâcheux symptôme, et tout nouveau. Je ne suis pourtant amoureuse de personne (Au fait, c’est peut-être pour cela) . Je fais mes devoirs presque exactement, tant j’ai la flemme, et je vois paisiblement nos deux institutrices se caresser, se bécotter, se disputer pour le plaisir de s’aimer mieux après. Elles ont les gestes et la parole si libres l’une avec l’autre, maintenant, que Rabastens, malgré son aplomb, s’en effarouche, et bafouille avec entrain. Alors les yeux d’Aimée braisillent de joie comme ceux d’une chatte en malice et Mlle Sergent rit de la voir rire.
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