Résumé

H. Taine William Thackeray, son talent et ses oeuvres

Presque toujours, lorsqu’il décrit de beaux sentimens, il les dérive d’une vilaine source. La tendresse, la bonté, l’amour sont dans ses personnages un effet des nerfs, de l’instinct, ou d’une maladie morale. Amelia Sedley, sa favorite et l’un de ses chefs-d’œuvre, est une pauvre petite femme, pleurnicheuse, incapable de réflexion et de décision, aveugle, adoratrice exaltée d’un mari égoïste et grossier, toujours sacrifiée par sa volonté et par sa faute, dont l’amour se compose de sottise et de faiblesse, souvent injuste, habituée à voir faux, et plus digne de compassion que de respect.
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H. Taine William Thackeray, son talent et ses oeuvres

Je vois chez nous, dans un salon de gens d’esprit ou dans un atelier d’artistes, vingt personnes vives : elles ont besoin de s’amuser, c’est là leur fond. Vous pouvez leur parler de la scélératesse humaine, mais c’est à la condition de les divertir. Si vous vous mettez en colère, elles seront choquées ; si vous faites la leçon, elles bâilleront. Riez, c’est ici la règle, non pas cruellement et par inimitié visible, mais par belle humeur et par agilité d’esprit. Cet esprit si leste veut agir ; pour lui, la rencontre d’une bonne sottise est la rencontre d’une bonne fortune.
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H. Taine William Thackeray, son talent et ses oeuvres

Thackeray vient en son propre nom attaquer le vice. Nul auteur n’est plus fécond en dissertations ; il entre à chaque instant dans son récit pour nous tancer ou nous instruire, il ajoute la morale de théorie à la morale en action. On pourrait extraire de ses romans un ou deux volumes d’essais à la façon de La Bruyère ou d’Addison. Il y en a sur l’amour, sur la vanité, sur l’hypocrisie, sur la bassesse, sur toutes les vertus, sur tous les vices, et en tournant quelques pages, on en trouvera un sur les comédies d’héritages et sur les parens trop empressés.
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