Auteur : Émile Haguenin

Résumé

Auteur : Émile Haguenin,  Revue des Deux Mondes

“ Le premier roman qui lui tomba sous les yeux, autant qu’elle s’en souvienne, peignait des mœurs antiques, relatait des scènes de l’ancienne Rome : Fabiola, peut-être. Elle fut ensuite un roman édifiant de Paul Féval, et un ouvrage sur l’Inde. Ces trois volumes n’élargirent pas seulement tout à coup l’horizon de ses rêves : ils lui révélèrent l’art d’écrire, la puissance suggestive et consolante des lettres. Vivre, par l’imagination, les aventures d’autrui ; jouir de tous les sentimens humains en les analysant ; réaliser son rêve en l’écrivant, — quelle force et quelle gloire ! ”
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Auteur : Émile Haguenin,  Revue des Deux Mondes

“ Pour refléter un pays et un peuple avec tant de sincérité, pour appliquer sans effort à les représenter des qualités si diverses d’observation, de sensibilité, d’imagination, il faut que ces qualités se soient, en quelque sorte, identifiées à leur objet ; il faut que, dès l’enfance, l’esprit se soit assimilé à la matière de l’œuvre future. Des romans tels que ceux de Grazia Deledda ne peuvent être qu’autochtones.
Elle est Sarde, en effet ; elle a vécu dans les paysages qu’elle décrit, et de l’existence des personnages qu’elle met en scène. Son génie exprime moins sa personne que sa patrie.
”
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Auteur : Émile Haguenin,  Revue des Deux Mondes

“ La Reine des ténèbres se sentit artiste. Elle sentit que son âme inquiète enfermait une puissance redoutable, le clair reflet de la nature et des choses. Et elle pensa : Demain, je commencerai à travailler, et mon travail sera comme la tâche de ces ouvriers qui incendient la montagne, illuminant la nuit et fécondant la terre. Je décrirai cette nuit, j’écrirai l’histoire de mon âme ; je retournerai au monde, à la vie, à l’amour ; et le monde, la vie, l’amour, et mon Moi, vivront dans mon œuvre. Et rien ne les détruira plus. ”
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