Emmanuel Ducros, Une cigale au Salon de 1882 (1882)
“ Au temps jadis, voulant ton âme, Son ton de voix était si doux ! Ses yeux reluisaient, pleins de flamme, Il t'appelait son ange, ô femme, En se mettant à tes genoux. Il eût, tout plein de hardiesse, A la mort volé, tout joyeux, S'il eût espéré, douce ivresse, Pour récompense, une caresse, Un seul sourire de tes yeux ! Bientôt, heureuse de l'entendre, Enivrée à sa douce voix, Ton cœur n'en devint que trop tendre ; Un jour, ne pouvant te défendre, Tu lui donnas tout à la fois. Avec toi, recherchant l'ombrage, Il t'en aima mille fois mieux. ”
