Emmanuel Ducros

Résumé

Emmanuel Ducros Une cigale au Salon de 1882 (1882)

Au temps jadis, voulant ton âme, Son ton de voix était si doux !
Ses yeux reluisaient, pleins de flamme, Il t'appelait son ange, ô femme, En se mettant à tes genoux.
Il eût, tout plein de hardiesse, A la mort volé, tout joyeux, S'il eût espéré, douce ivresse, Pour récompense, une caresse, Un seul sourire de tes yeux !
Bientôt, heureuse de l'entendre, Enivrée à sa douce voix, Ton cœur n'en devint que trop tendre ; Un jour, ne pouvant te défendre, Tu lui donnas tout à la fois.
Avec toi, recherchant l'ombrage, Il t'en aima mille fois mieux.
Source : Gallica

Emmanuel Ducros Une cigale au Salon de 1882 (1882)

Vous accourez, petits oiseaux, Ne redoutant d'elle aucuns maux, La trouvant toujours aussi bonne ; Vous accourez, petits oiseaux, Grâce à du pain qu'elle vous donne.
Sans y penser, pour nous avoir, Elle n'a qu'à nous apparaître ; A montrer rêveur son œil noir, Sans y penser, pour nous avoir.
Aussi bien dans le bal, le soir, Que le matin à sa fenêtre, Sans y penser, pour nous avoir, Elle n'a qu'à nous apparaître.
Le cœur le plus dur s'adoucit A voir sa figure mignonne ; Ainsi que le ciel s'éclaircit, Le cœur le plus dur s'adoucit.
Source : Gallica

Emmanuel Ducros Une cigale au Salon de 1882 (1882)

Un sourire, sansnom, s'étale sur leur lèvre ; Chacune voudrait prendre un cœur sur son chemin, Et pour amorce n'a toujours que du carmin Et des yeux crayonnés tout cerclés par la fièvre.
Le fard sur leur visage est peu charmant à voir, Leur figure n'est plus qu'un affreux maquillage, Jamais peintre n'a fait un semblable alliage, De rouge sur du blanc et de blanc sur du noir.
Il faut bien attirer, par un aspect étrange, Les curieux, venus de par delà les monts, Et savoir emprunter l'arsenal des démons, Lorsque l'on a perdu le charme qui fait l'ange.
Source : Gallica

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