“ Main douce à qui la rose épargne ses piqûres, J’ai vu vos doigts teintés d’un étrange carmin. « Est-ce un ardent reflet des rougeurs du matin ? Pensai-je. Ont-ils plongé dans les grenades mûres, Dans le jus du muscat ou la pourpre des mûres ? Quelle tache en flétrit l’immaculé satin ? » ”
Carmin
Définition et enjeux
Le carmin, pigment rouge extrait de la cochenille, a traversé les siècles en tant que symbole et matériau de base. Des auteurs comme le Baron d’Holbach l’ont étudié sous l’angle technique, décrivant sa production à partir du bois du Brésil, tandis que Sully Prudhomme l’évoque poétiquement, le rapprochant des rougeurs des lèvres.
A. Brizeux, dans Revue des Deux Mondes, le relie à l’émotion, et Charles Lorilleux le considère comme un défi de stabilité chromatique en lithographie. Ce thème, mêlant art, science et littérature, dévoile une diversité de significations, allant de la couleur brute à la métaphore émotionnelle, illustrée par une variété d’auteurs.
Citations sur “carmin”
A. Brizeux, Revue des Deux Mondes
“ Mais, puisqu’il faut quitter cette eau claire et profonde, Hélas ! pour se mêler au sombre fleuve humain, J’emporte un caillou blanc tout veiné de carmin : Pensers du sol natal, guidez-moi par le monde ! ”
Les anglais peints par eux-mêmes… (1840-1841)
“ Aujourd'hui Carmin est un homme d'un âge mûr : il a le port majestueux, la main blanche, la tête chauve, le regard doux et grave comme celui de tant de gens à cervelle vide et à bourse pleine. Il possède un répertoire varié de petites histoires et de commérages de cour sur lady A*** et son ami intime, lord B*** ; il débile successivement ses narrations à toutes ses pratiques : somme toute, c'est un homme de moeurs douces, irréprochables, et de manières distinguées. ”
Baron d’Holbach, L’Encyclopédie, 1re éd.
“ On contrefait le carmin avec du bois de Brésil ou de Fernambouc ; on les pile pour cet effet dans un mortier, on les met tremper dans du vinaigre blanc ; on fait bouillir ces matieres, & l’écume qui en vient donne une espece de carmin : mais il n’approche nullement de la beauté de celui que nous venons d’indiquer. On tire aussi une couleur rouge des grains de kermès & de la garance. Voyez l’art. ”
Honoré Gabriel Riqueti de Mirabeau,
Le Libertin de qualité
(1783)
“ Un bonnet à la paysanne couvrait sa tête à moitié ; ses traits n’ont aucune proportion ; ce sont des yeux noirs superbes ; la plus jolie bouche, un nez retroussé, un front trop petit, mais ombragé délicieusement ; deux ou trois petits signes noirs comme geai assassinent leur monde sans rémission ; son teint est moins très-blanc qu’animé ; mais le carmin le plus pur n’égale pas le vermeil de ses joues et de ses lèvres. ”
Charles Lorilleux,
Traité de lithographie : histoire…
(1889)
“ Parfois on vend comme carmin des mélanges de carmin et de laque d'éosine, qui flattent l'oeil par leur éclat; mais leur emploi donne, devrais mécomptes, car l'éosine ne tarde pas à disparaître, et on n'a plus qu'un carmin affaibli. La laque carminée et la laque rose de la maison Ch. Lorilleux et Cie, qui sont, comme le carmin, des dérivés de la cochenille, permettent d'obtenir des roses très frais et fort solides. Les laques de garance sont le type des couleurs végétales solides; aussi doit-on s'en servir de préférence à toutes autres pour composer les tons chair et. les nuances rosées. ”
Richard Gustafsson,
Autour du poêle : contes et récits pour les enfants…
(1889)
“ Le carmin de ses joues, délayé par ses larmes, coula sur sa robe, elle devint si pâle que sa douleur attendrit tout le monde, on se reprocha presque les duretés qu'on lui avait dites. Tête d'or affirma qu'il pourrait bien en faire madame la commandante si elle voulait oublier ses folies, prendre exemple sur Lisa et devenir une brave petite ménagère; il ajouta que les poupées à la mode sont toujours pour quelque chose, sinon pour tout, dans la ruine de leur famille, quand elles ne veulent pas se corriger. ”
Les anglais peints par eux-mêmes… (1840-1841)
“ Ceux-ci ricanent en parlant ensemble de Carmin, et déclarent avec confiance qu'ils l'égaleront un jour ; mais, en attendant son décès, ils s'occupent à peindre les gens des quartiers de Regent's-Park et de Russell-Square. C'est une bonne chance pour eux que d'avoir à faire le portrait d'un ecclésiastique connu, d'un proviseur de collége ou d'un maire. ”
Paul de Musset,
Nouvelles italiennes et siciliennes…
(1870)
“ Carmina chantait avec accompagnement de guitare et de zampogna , et le poupon , bercé par le pas de la mule , dormait dans son panier , lorsqu' on entendit un grand bruit de grelots et de clochettes . Le patron interrompit la musique et commanda de faire silence . Du haut de sa monture , Carmina vit une lettiga escortée par des cavaliers , et qui suivait le bord de la mer , Ce convoi venait de Noto , chef-lieu de la province . Carlo , qui se connaissait en voyageurs , assura que la lettiga devait porter une belle dame ou un grand personnage . ”
Aristide-Michel Perrot,
Modèles de topographie (5e édition…
(1858)
“ Figure lre. Teinte de fond composée de vert émeraude et d'un peu de gomme-gutte; quand l'échelle du plan est grande, on peut y jeter çà et là quelques touches de carmin très-faible, d'encre de la Chine et de vert un peu plus fort que celui du fond, fig. 2, pour rompre la monotonie d'une teinte plate. l'ergers. Figure 3. Teinte de fond, de vert émeraude avec un peu d'indigo; les arbres se font avec du vert plus foncé, fig. 4, ou simplement avec des points à l'encre de la Chine. ”
Charles Nodier,
Examen critique des dictionnaires de la langue françoise…
(1828)
“ Tout s'altère en vieillissant. Carminatif qui dérive aussi de carmen indique l'idée d'adoucissement, d'amélioration qu'on suppose que les vers ont portée dans les moeurs. Quant à charmes pins pour attraits, il est fait de la première acception par une extension un peu hyperbolique, mais qui paroît toute naturelle dans la bouche des amants. Un de nos anciens poètes a fait valoir cette équivoque d'homonymes dans un des plus singuliers vers qu'on ait jamais écrit : Je nai que des attraits et vous avez des charmes. ”
“ AUX BORDS DE L’URUMEA —— Qu’elles sont belles, les jeunes filles du Guipuzcoa ! Qui n’admire leurs joues rosées, leurs lèvres carminées, leurs yeux doux et expressifs, leur front élevé, leur chevelure soyeuse, leur taille flexible et svelte, leurs mouvements pleins de grâce et de gentillesse ? Qu’elles sont belles les jeunes filles du Guipuzcoa ! Qui peut résister à leurs enchantements ? D’un regard, d’un sourire, elles enchaînent la volonté la plus ferme, elles asservissent le cœur le plus orgueilleux. ”
Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ Carmes, terme du jeu de trictrac, qui signifie deux 4, que les deux dés amènent à la fois. Jactus tessarum referens bis quatuor. On appelle aussi quadernes. CARMÉ. s. f. Nom d’une fausse Divinité. Carme. Carmé est une Nymphe, qui eut Britomaris de Jupiter. Elle étoit amie intime de Diane, parce qu’elle avoit des inclinations conformes aux siennes, aimant passionnément la course & la chasse. Minos, épris d’amour pour elle, & la poursuivant un jour, elle donna dans des filets de pêcheurs, & se précipita. Hoffman, d’après Rhodigin, L. XVIII, ch. 16. CARMEL. s. m. Nom de montagne. ”
Cyrille Gillet, La vénérable Louise de France, fille de Louis XV, en religion mère Thérèse de Saint-Augustin… (1880)
“ Monsieur le comte, répondit gravement la vénérable prieure, en considérant ce que Notre-Seigneur a souffert pour nous, la vie d'une Carmélite parait bien douce. Il est vrai que notre bonheur est de la classe de ceux qu'il faut goûter pour y croire. Mais comme j'ai la double expérience, je suis en droit de prononcer que la Carmélite est plus heureuse dans sa cellule que la princesse dans son palais. ”
Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ Ce fut dans cette charge qu’il institua les Carmelites, & qu’il obtint pour elles de Nicolas V les mêmes privilèges que ceux des Dominicaines & des Augustines. Les Carmelites sont habillées comme les Carmes. Elles ont une robe & un Scapulaire de drap couleur de Minime ou tanné, & au chœur elles mettent un manteau blanc avec un voile noir. Voyez P. Helyot, tome I, c. 44. Carmélite déchaussée. C’est le nom de celles qui furent établies par Sainte Thérèse au XVIe siècle, & dont les Constitutions faites par cette Sainte furent approuvées par Pie IV le 11 Juillet 1562. P. Hel. tome I, c. ”
George Sand,
Revue des Deux Mondes
“ Quel est donc ce moine ? me disais-je ; pourquoi sa figure fait-elle peur à tous les habitans du pays ? Qu’est-ce qu’il fait dans la Varenne ? S’il est du couvent des carmes, pourquoi n’en porte-t-il pas l’habit ? S’il est de l’ordre de M. Jean, pourquoi n’est-il pas logé avec lui aux carmes ? S’il est quêteur, pourquoi, après avoir fait sa quête, ne va-t-il pas plus loin, plutôt que de revenir importuner les gens qui lui ont donné la veille ? S’il est trappiste et qu’il ne veuille pas rester aux carmes comme l’autre, pourquoi ne retourne-t-il pas dans son couvent ? ”
Alfred de Musset,
Comédies et proverbes
(1878)
“ Vous l'aimez beaucoup, Carmosine. CARMOSINE. De qui parles-tu ? PERILLO. Je n'en sais rien ; mais la mort seule n'a point tant d'attraits. CARMOSINE. Écoute. Ne fais pas de vaines conjectures, et ne cherche pas à pénétrer un secret qui ne saurait être bon à personne ; tu l'apprendras quand je ne serai plus. Tu me demandes pourquoi je trompe mon père? C'est précisément par cette raison que je ne ferais, en m'ouvrant à lui, qu'une chose cruelle et inutile. ”
J A Saint Alvère, Une vie réparatrice : Mère Anne de Jésus… (1930)
“ La Carmélite est un réservoir de grâces, un réservoir d'amour tout rempli du sang de Jésus... On construit un réservoir et on le remplit, non pour lui, mais pour que tous puisent de son contenu. Si donc Dieu établit une âme sur la montagne du Carmel, c'est pour qu'elle serve à d'autres âmes. Etant remplie de grâces et surabondante des dons spirituels, peut-elle oublier les pauvres pécheurs surpris par le diable et dépouillés de tous les biens de la grâce ?... ”
Michel André, Dictionnaire de droit canonique et des sciences en connexion avec le droit canon… (1894-1901)
“ Les carmes de la réforme de sainte Thérèse ne peuvent posséder de propriétés dans les grandes villes et doivent avoir des revenus communs dans les petites localités; ils vont nu-pieds (déchaussés) , portant un costume d'un gris foncé et le scapulaire. Les moines ont un capuce blanc par dessus le manteau, des semelles de cuir attachés à leurs pieds nus. Les religieuses portent des bas grossiers et des chaussons. Les carmes se donnent la discipline trois fois par semaine, jeûnent souvent et s'abstiennent complètement de viande. ”
J A Saint Alvère, Une vie réparatrice : Mère Anne de Jésus… (1930)
“ Une sainte religieuse carmélite d'une ville du midi de la France voyait un jour son âme sous la forme d'un immense réservoir contenant le sang de Jésus dont ce doux Maître l'établissait dispensatrice. Voilà notre histoire. Notre âme de Carmélite est une vallée féconde où les eaux de la grâce doivent s'accumuler pour tout arroser, tout féconder, tout vivifier. Nous serions tout à la fois terrifiées et soulevées s'il nous était donné de comprendre jusqu'où peut aller notre puissance en fait de surnaturel, en fait de prières. ”
Paul Viollet,
Oeuvres chrétiennes des familles royales de France
(1870)
“ Songez à votre vocation ; il vous SOEUR THÉRÈSE DE SAINT-AUGUSTIN 335 reste peu de tems ; songez à former une carmélite. C'est ainsi que pense, c'est ainsi que parle, c'est ainsi qu'agit une carmélite... Une carmélite ne penserait pas, ne diroit pas, ne feroit pas cela... Ah! qu'avec cette assistance, j'espérerois former en moi dès à présent, au milieu même du monde, une parfaite carmélite, à qui il ne manquerait plus que le cloître et l'habit. Daignez donc, ma sainte Mère, si vous voulez encore me laisser dans le monde, daignez ne pas me perdre de vue un moment ”
Marie-Antoinette de Geuser,
Lettres de "Consummata" à une Carmélite
(1930)
“ Le désir de souffrir toujours pour l'amour de Dieu, cela fait partie de la vocation de carmélite, je crois, et j'ai bien confiance que puisque le Bon Dieu m'appelle, Il me donnera dans l'avenir comme il m'a donné dans le passé la force de Le suivre. D'ailleurs, même à ne regarder que le physique, j'ai bien des raisons de croire que la vie réglée ¡du Carmel m'ira mieux que cette vie si extérieure du monde. ”
Adrien Marx,
Indiscrétions parisiennes
(1866)
“ LA CELLULE D'UN CARME On croit à tort que les carmes sont facilement accessibles. Pour arriver au révérend père Hyacinthe, j'ai dû accomplir des travaux dont Hercule eût tiré vanité. Mais je veux taire à mes lecteurs mes laborieuses démarches, et commencer mon récit au moment où je soulevais le heurtoir du couvent de la rue David, à Passy. ”
Honoré Riouffé, Mémoires de Cléry, de M. le duc de Montpensier… (1847)
“ Nous savions quelquefois des nouvelles de mon frère par les municipaux ; mais cela ne dura point. Nous l'entendions tous les jours chanter, avec Simon, la Carmagnole, l'air des Marseillais, et mille autres horreurs 1. Simon lui mit le bonnet rouge et une carmagnole sur le corps; il le faisait chanter aux fenêtres pour être entendu par la garde, et lui apprenait à prononcer des jurements affreux contre Dieu, sa famille, et les aristocrates. Ma mère, heureusement, n'a pas entendu toutes ces horreurs : oh! mon Dieu, quel mal cela lui aurait fait ! ”
Alfred de Musset,
Comédies et proverbes
(1878)
“ MAITRE BERNARD. Carmosine, ma fille bien-aimée! par quelle fatalité inconcevable. Perillo écarte la tapisserie sans être vu de Carmosine ; il fait un signe d'adieu à Bernard, et sort doucement. CARMOSINE. Que regardez-vous donc, mon père ? MAITRE BERNARD. Qu'as-tu, toi-même? tu pâlis, tu frissonnes; qu'éprouves-tu ? Écoute-moi ; il y a dans ta pensée un secret que je ne connais pas, et ce secret cause ta souffrance; je ne voudrais pas te le demander; mais, tant que je l'ignorerai, je ne puis te guérir, et je ne peux pas te laisser mourir. Qu'as-tu dans le cœur? ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Les Souffrances du jeune Werther
(1774)
“ Tu n’as laissé aucun fils, mais les chants conserveront ton nom ; les temps futurs entendront parler de toi, ils connaîtront Morar !Les guerriers s’affligèrent ; mais Armin surtout poussa de douloureux soupirs. Ce chant lui rappelait aussi à lui la mort d’un fils, et le ramenait aux jours de sa jeunesse. Carmor était près du héros, Carmor, le prince de Galmal. Pourquoi ces sanglots ? dit-il ; est-ce ici qu’il faut pleurer ? la musique et les chants ne sont-ils pas pour fondre l’âme et la ranimer ? Le léger nuage de brouillard qui s’élève du lac tombe sur la vallée et humecte les fleurs ”
La révérende mère Marie-Ange de l'Enfant-Jésus du Carmel de Lisieux…
“ Dieu seul a le secret de ces merveilleuses transformations. Plus d'angoisses, plus d'hésitations. « Oui, je serai carmélite. Ce que cette enfant de quinze ans avait fait, pourquoi ne le pourrais-je point faire ? Non, je ne serai pas si lâche 1 Ce courage, cette virilité qu'elle avait dans le cœur, je les avais dans le mien ; et j'irais, là-bas, au Carmel de Lisieux, je la remplacerais, je vivrais comme elle avait vécu et je deviendrais une sainte comme elle. » ”
Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang (1878)
“ CARMES, ordre religieux, originaire du mont Carmel en Syrie, d'où il tire son nom, fut formé au commencement du XIIe siècle, reçut, en 1209, une règle d'Albert, patriarche de Jérusalem et fut confirmé en 1227 par le pape Honorius; il fut introduit en Europe par S. Louis en 1238. Les Carmes vivaient cloîtrés, observaient le silence et se livraient au jeûne et à la prière. ”
Dictionnaire de théologie catholique
“ CYPRIEN DE LA NATIVITÉ DE LA VIERGE, carme déchaussé, né à Paris le 26 novembre 1605. profès le 18 septembre 1633, mort le 16 septembre 1680, se nommait dans le monde André de Compans. Doué d’une éducation soignée, sachant plusieurs langues et ayant visité l’Orient, il occupait une charge parmi les trésoriers de France, quand, renonçant à l’avenir qui s’ouvrait devant lui, il entra chez les carmes déchaussés. ”
Alexandre Dumas,
Les mohicans de Paris. Tome 4
(1854-1855)
“ Camille avait une voix de ténor d'une douceur, d'une pureté, d'une suavité angéliques; quand il attaquait l'air de Joseph : Champs paternels! Hébron, douce vallée! il y avait dans son accent une telle tendresse, une tristesse si profonde, que ni Colomban ni la jeune fille ne pouvaient entendre la reprise de cet air sans sentir leurs yeux se mouiller de larmes. DE PARIS 287 Carmélite n'osait chanter seule; elle n'avait jusque-là fait entendre sa voix, et encore timidement, que dans des duos avec l'un ou l'autre des deux amis, ou dans des trios avec tous les deux. ”
Cyrille Gillet, La vénérable Louise de France, fille de Louis XV, en religion mère Thérèse de Saint-Augustin… (1880)
“ A la cour, elle avait fait briller les vertus du cloître; dans le cloître, elle voulut souffrir et prier pour les fautes de la cour. Vertueuse et héroïque princesse, vraie Carmélite, elle méritait bien que son nom ne fût pas laissé dans l'oubli. Non seulement il est, parmi les siens et au Carmel, entouré d'une profonde et légitime vénération ; il n'est pas inconnu dans le monde même, où il a laissé de glorieuses traces. ”
Georges Ista,
Contes et nouvelles
“ Ils reprirent leur marche silencieuse, puis Carmery demanda à son tour : Et toi, où dînes-tu ? — L’autre hésita un peu : Chez moi, dit-il enfin. Tu comprends, je fais ma popote moi-même. C’est plus économique. — Tu demeures loin d’ici ? — Lamollière hésita encore, puis, avec un geste vague : Non, pas très loin. — je vais te conduire jusque-là. — Mais non, mon vieux, ne prends pas cette peine. — Mais si ! je ne suis pas pressé. On ne va pas se quitter comme ça ! Et Carmery s’accrocha au bras de son camarade, résolument, solidement. ”
