Résumé

M. Etienne Revue des Deux Mondes

Les unes conservent des traces fidèles de la conception primitive du franc-archer ; l’idéal de l’outlaw préférant la liberté périlleuse à une paisible servitude, la poésie du héros des forêts, tout ce qui fait le charme de cette création originale de Robin Hood, respire encore dans ces chants. Les autres se rapprochent de plus en plus de la réalité vulgaire ; le franc-archer n’est plus qu’un voleur de grand chemin d’assez bonne composition et de joyeux caractère, qui se bat avec le premier venu, et payant à boire quand il a trouvé son maître.
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Quand on part des ballades pour s’expliquer Robin Hood, on est jeté dans les suppositions les plus contraires; on peut arriver à croire qu’il n’est qu’un voleur plus délicat que de coutume, un braconnier plus hardi qu’à l’ordinaire, ou, ce qui est à peu près la même chose, qu’il n’a jamais existé, qu’il est un mythe populaire, la fiction heureuse de quelque poète.
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Sans revenir sur tous les linéamens que nous avons tracés d’après ces ballades presque primitives, nous pouvons dire que Robin Hood n’a pas ici cet air triste et menaçant qu’on lui supposerait en le prenant pour un Saxon rebelle, ou même pour un Anglais de Simon de Montfort, héritier sans le savoir des griefs des Saxons ses ancêtres. C’est un type populaire et démocratique; s’il a perdu du côté de la noblesse et de la fierté, il a gagné beaucoup en grâce, en esprit, en originalité. Il plaît par où plaît la faiblesse luttant contre la force dans un combat de ruses et de surprises.
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