Résumé

Louis Étienne La Suisse et ses Ballades

L’idée infernale d’ordonner au père de tirer sur la tête de son enfant ne vient pas d’elle-même au tyran. C’est la victime qui la lui inspire ; lorsque Gessler, cherchant une torture, a prononcé ces mots : « Tell, tu es un maître archer ; on dit qu’à tous les coups tu atteins ton but, » l’enfant s’écrie : « Cela est vrai, monseigneur, mon père abat une pomme à cent pas. » Et ce mot lui devient fatal. Ce n’est pas tout : la témérité du père demeurait inexpliquée, le grand poète dramatique donne à Wilhelm l’audace de l’orgueil. C’est le maître archer plutôt que le père qui accepte le défi.
Source : Wikisource

Louis Étienne La Suisse et ses Ballades

À la place d’une inspiration venue à propos et d’une chanson de circonstance, supposons un héros que les générations ont adopté et qui est de tous les temps : quel ne sera pas le travail des imaginations sur son histoire ! Le poète, dévoré du besoin de croire et de faire croire aux actions les plus merveilleuses, agrandit, embellit, presque sans en avoir conscience, les traditions acceptées. Au lieu d’admirer la crédulité avec laquelle les hommes iront au-devant de la fiction, il faudrait s’étonner plutôt qu’ils n’ajoutassent pas à la réalité tout ce qu’ils imaginent.
Source : Wikisource

Louis Étienne La Suisse et ses Ballades

Au pied de la montagne se tenait le chef de la petite armée suisse, là où deux sapins s’élèvent du sein des rochers. Le vieux soldat voit encore son général ralliant la troupe, agitant la bannière dans les airs, rappelant à lui les guerriers épars. Les piques brillantes, les panaches, la ville incendiée d’une part, de l’autre les deux sapins, le général, la bannière et le petit groupe des Suisses, tout cela est un tableau qui peut faire honneur au peintre ou au graveur : pour un poète, c’est une action qui ressemble à tous les combats possibles.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature