Résumé

J. Olivier Revue des Deux Mondes

Non ; il est bien difficile, en pareil sujet, de lever ainsi le voile sur un point et de l’amonceler sur un autre ; partout il attire à lui la réalité, qui semble fuir sous ses plis, sans jamais se découvrir complètement ni complètement disparaître. S’il y a quelque chose d’admis dans l’étude du mythe, qui, d’ailleurs, n’est pas seulement un fait de l’histoire, mais un fait permanent de l’esprit humain, c’est qu’il ne s’attache pas à un fantôme ; au contraire, c’est ce voile du mythe qui, peu à peu étendu, épaissi, finit par donner l’air d’un fantôme à la réalité.
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J. Olivier Revue des Deux Mondes

L’impression produite par Guillaume Tell en son temps, le grand sentiment d’indépendance et de résistance à l’oppression que sa conduite dut inspirer à ses compatriotes, ne se retrouvent-ils pas encore tout entier dans cette dernière légende ? Tell ici touche à un autre monde, sa figure est grandie, mais on la reconnaît : au centre mystérieux de cette vallée à laquelle nous avons comparé l’histoire de la Suisse, et comme le génie de ces hautes solitudes où il se retire en attendant, son heure, c’est encore lui, c’est toujours la figure calme et fière de l’archer libérateur.
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J. Olivier Revue des Deux Mondes

Ils étaient hommes du roi et non d’aucun seigneur particulier. Les chartes emploient aussi pour les désigner, eux et leurs descendans, les expressions énergiques de libres paysans, de paysans primitifs, de paysans d’empire. N’est-ce pas là la liberté originelle dont la tradition populaire a conservé le souvenir ? Mais elle attribuait à tort cette liberté primitive ou d’empire au pays en général, à l’ensemble. La liberté d’empire n’appartenait en réalité qu’à un nombre plus ou moins considérable d’individus et de familles.
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