Eugène de Monet de La Marck

Élements biographiques

Eugène de Monet de La Marck Lettre d'un marin : extraits recueillis pour ses enfants de la correspondance inédite de Eugène de Monet de La Marck… (1871)

Réponds-moi promptement, je ferai ce que tu voudras. Ce qui me fait hésiter, ce n'est plus comme autrefois le vain plaisir de voir du pays; c'est le désir de parvenir, de me faire un nom, de m'attacher si fortement à un amiral que sa fortune devienne la mienne ; c'est l'espoir de te faire une position honorable, en un mot, c'est l'ambition, mais l'ambition dans tout ce qu'elle a de bon et de noble, l'ambition pour ma femme, pour mon enfant.
Peut-être mourrai-je à la peine, mais j'aurai fait mon devoir; je ne serai pas heureux; rien qu'à la pensée de cette longue séparation, j'ai le cœur brisé
Source : Gallica

Eugène de Monet de La Marck Lettre d'un marin : extraits recueillis pour ses enfants de la correspondance inédite de Eugène de Monet de La Marck… (1871)

MA CHÈRE STÉPHANIE, - Je ne suis revenu à Saïgon que le 5 mars. Quel chagrin m'attendait à mon arrivée! Tu m'annonçais la mort de ton excellent père. Ah ! ma pauvre enfant, ton père mourant avait bien raison de se préoccuper
de toi; je ne te suis bon à rien. Jamais je ne suis à tes côtés pour te soutenir et partager avec toi le faix de la douleur quand la douleur s'appesantit sur toi. Cette pensée m'est insupportable et me fait prendre mon métier en horreur.
Je n'ai qu'une chose au monde qui me tienne sérieusement au cœur, c'est ton bonheur, et je ne fais rien pour lui.
Source : Gallica

Eugène de Monet de La Marck Lettre d'un marin : extraits recueillis pour ses enfants de la correspondance inédite de Eugène de Monet de La Marck… (1871)

Et quant à toi, mon enfant, je ne sais si je t'ai bien dit adieu, si mes adieux t'ont contentée, mais n'y fais pas attention; si jamais cœur a battu pour quelqu'un, c'est le mien pour toi. J'étais anéanti; je ne pouvais me faire à cette idée que j'allais te perdre pour un si long temps et que je t'embrassais pour la dernière fois. Tu m'as rendu bien heureux pendant les huit derniers mois; tu m'as fait passer des jours dont le souvenir me sera bien doux ; ce sera ma consolation là-bas ! Je me soutiendrai en me disant que ma petite femme m'aime et prie pour moi, et je saurai attendre.
Source : Gallica

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