Résumé

Portrait de Hubert Lyautey Hubert Lyautey Lettres du Tonkin et de Madagascar… (1920)

Des feux brillent à l'horizon, ceux des forts chinois. Au pied du poste, dans l'ombre, trois taches blanches; trois tombes d'officiers français, tués ici près il y a 8 mois, il y a un an, il y a deux ans. Toute cette vallée, corridor de la
Chine, est un ossuaire. Et la soif de guerre, le supplice de Tan tale de 20 années, remonte aux lèvres; mais rien n'est venu d'Hanoï aujourd'hui et ce joli début comme chef d'État-Major de Gallieni va se classer aux rêves.
Source : Gallica

Portrait de Hubert Lyautey Hubert Lyautey Lettres du Tonkin et de Madagascar… (1920)

La ire colonne, après un joli tour de force, s'est embarquée à Tuyen-Quan, sur une flottille de 60 sampans. Et après les fatigues excessives, les inquiétudes, les marches dans l'eau, les nuits sous la pluie, c'est une délicieuse détente. Le sampan du Colonel est en tête, et les 60 suivent avec leurs proues en bec et leurs roufs en bambous, battant le fleuve, large et rapide comme le Rhône, de leurs grands avirons; après de terribles orages, le temps s'est dégagé ; le fleuve, les rives, les montagnes sont empourprées de soleil; et des visions d'histoire surgissent.
Source : Gallica

Portrait de Hubert Lyautey Hubert Lyautey Lettres du Tonkin et de Madagascar… (1920)

C'est le désert, non pas la grande plaine fauve et brûlée, où la course est sans obstacle, celui que tu connais, mais le désert de végétation vierge où la haute brousse de 6 mètres, la liane, ont tout envahi, tout recouvert, où il n'y a plus traces de chemins, ni même de direction. Heureux lorsqu'on a l'arroyo, comme ici; on le suit, voilà tout; c'est la marche dans l'eau continuelle ; on s'y accoutume bien vite, mais là même il faut hacher, couper, car la voûte verte s'est abaissée sur le torrent, inextricablement enchevêtrée de bambous tombés, de lianes tressées.
Source : Gallica

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