Édouard Hocquard

Résumé

Édouard Hocquard Une campagne au Tonkin (1892)

Je suis le seul Européen, et je n'ai qu'un revolver. Les Chinois et les Annamites sont affolés.
Les villages de la rive droite ont pris l'alarme ; les tam-tams retentissent partout dans la nuit, alternant avec le gros tambour qui a la forme et la dimension d'un tonneau, et qui sert à appeler aux armes les hommes valides en cas de danger pressant. Au Tonkin, c'est ainsi qu'on sonne le tocsin; ces sons bizarres font dans la nuit un effet lugubre.
Les Chinois ont dressé un petit autel à l'arrière du bateau ; ils l'ont garni de bougies roses et de baguettes d'encens.
Source : Gallica

Édouard Hocquard Une campagne au Tonkin (1892)

La route monte peu à peu à travers de petites collines couvertes d'herbe et de fougères ; à l'horizon se dressent de grandes montagnes aux sommets perdus dans les nuages, aux flancs couverts d'herbe et de forêts. Six pièces d'artillerie de montagne viennent d'être mises en batterie sur la gauche du chemin ; chacun des coups de canon qui se succèdent sans interruption fait tressaillir nos coolies, qui rasent le sol en tendant les épaules comme s'ils allaient être foudroyés. Les artilleurs tirent sur Hong-hoa par-dessus la rivière Noire que nous n'apercevons par encore.
Source : Gallica

Édouard Hocquard Une campagne au Tonkin (1892)

Un grand silence règne dans la colonne ; chacun de nous fouille anxieusement du regard toutes les collines et tous les buissons. Nous marchons sans songer à la fatigue, fouettés par cette émotion bizarre que ressent le chasseur de gros gibier quand le danger est proche.
Bientôt nous quittons la route pour nous enfoncer à droite entre les mamelons. L'ambulance a recruté d'excellents compagnons : d'abord l'abbé G., qui, pour ne pas être gêné par les broussailles, a relevé sa longue soutane autour des reins; il fait des enjambées énormes, s'appuyant sur une longue lance volée aux Chinois.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature