Pierre Mille,
Louise et Barnavaux
(1912)
“ Est-ce que j’avais besoin, moi d’assister à ces sursauts ? Il me faut chaque jour une somme nécessaire de solitude ; et le superflu de mon temps, il y a tant de monde à qui je le dois donner ! J’en deviens presque cruel.— Barnavaux, pourquoi ne restez-vous pas avec Louise ? Votre permission va finir !Il me regarde, et répond sans détours :— Ça me fatigue ! Je ne peux pas ! Je l’aime comme jamais je ne l’ai aimée, ça, je le jure. Quand je suis tout seul, et que je pense à son chagrin, au malheur qui est arrivé, à tout, ça me fait si mal et c’est si à moi que j’ai besoin de lui dire. ”
