Tristan Bernard

Tristan Bernard

Résumé

Portrait de Tristan Bernard Tristan Bernard Les veillées du chauffeur (1909)

François est un homme très sûr, très prudent, et si affolé de propreté que, même du temps où il était cocher, il ne laissait jamais le garçon qui était avec lui s’occuper du nettoyage de la voiture. Maintenant il se tue de travail sur l’automobile, et sa passion s’accroît de ce que c’est plus compliqué et plus vaste, de ce qu’il y a une plus grande étendue de parties vernies, et par-dessus le marché des cuivres, des aciers, des chaînes qui s’encrassent pour un rien.
A la mer, on se sert de l’automobile comme on se servait de la victoria à deux chevaux.
Source : Gutenberg

Portrait de Tristan Bernard Tristan Bernard Les veillées du chauffeur (1909)

Le cyclisme nous a fait connaître le scorcher, le brûleur, le pédaleur enragé qui, assis sur sa selle très haute, et les bras plongeant sur son guidon très bas, dépassait en vitesse les promeneurs de la route, non sans leur laisser voir de hideux mollets nus.
L’automobilisme nous a valu le gratteur, le chauffeur que la vue d’une autre voiture affole, qui se précipite dans la poussière aveuglante et risque la rencontre de mille obstacles, dont un seul, d’ailleurs, suffirait à «faire du vilain».
Source : Gutenberg

Portrait de Tristan Bernard Tristan Bernard Les veillées du chauffeur (1909)

«Quelle vitesse pouvez-vous atteindre en palier?»—Il est tout fier de savoir dire «en palier».—Le mécanicien se borne à donner un chiffre tout sec. S’il est d’une humeur exceptionnelle, il parle... Alors, quelle émotion! L’invité donnera des signes de l’intérêt le plus vif, les yeux brillants, la bouche avide. Il écoutera, avec la même attention, les choses qu’il sait déjà et celles qu’il ne comprendra jamais...
Le fait d’avoir parlé au mécanicien donne à l’invité une supériorité énorme sur ses congénères et même sur le maître du logis.
Source : Gutenberg

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