Henry de Graffigny, A travers l'espace, aventures d'un aéronaute
“ Tant que j'aurai un grain de sable dans mes sacs, un atome de gaz dans mon ballon, je défendrai ma vie contre l'âpre Océan qui hurle au-dessous de moi et semble réclamer sa proie. A ce moment, l'image de ma femme passe devant mes yeux et je me représente sa douleur si l'on ne retrouve pas les épaves de l'Amiral-Gougeard, et si je dois disparaître à jamais dans les abîmes ouverts sous mes pieds. Il est onze heures du matin, je n'ai plus que trois sacs de lest, je suis à deux mille mètres, le temps s'est éclairci et le vent tend à se calmer. ”
