Henry de Graffigny

Résumé

Henry de Graffigny Les martyrs du pôle (1934)

Mais si, à quelque distance un malheureux se débat dans les angoisses de la faim, personne ne pensera à lui porter le morceau de viande de phoque ou de vache marine qui lui sauverait la vie. Chacun ne compte que sur soi-même et n'attend pas plus l'assistance de son voisin qu'il ne pense à lui offrir la sienne.
Ce n'est pas cependant par charité que l'Esquimau ne refuse aux nécessiteux ni l'abri ni la nourriture; ce n'est pas par bonté d'âme que le chasseur ne repousse pas l'homme fatigué qui s'est hissé sur son traîneau pour revenir plus vite à sa hutte éloignée.
Source : Gallica

Henry de Graffigny Les martyrs du pôle (1934)

M. W. Dunbar, qui avait chassé autrefois la baleine, se dressa harpon au poing.
Les deux marins se tinrent debout derrière les rameurs, carabine à la main et chacun choisit son but. Deux détonations retentirent et le canot fila comme une flèche au milieu des animaux effrayés qui se précipitèrent au hasard dans la mer.
La balle du lieutenant Chipp avait tué un jeune qui coula aussitôt comme une pierre. Celle du capitaine avait pénétré dans la tête d'un des mâles en lui arrachant un beuglement effroyable, plus puissant que celui du taureau sauvage des prairies.
Source : Gallica

Henry de Graffigny Les martyrs du pôle (1934)

Le rayon vermeil réjouit le veilleur solitaire sur la mer lointaine comme le travailleur fatigué dans sa chaumière ou son taudis; il console le pauvre et l'affligé de même qu'il fait sourire le riche et le puissant, partout il illumine de son éclat béni et parle au cœur, aussi bien sous l'étoile polaire que sous la resplendissante constellation de la Croix du sud. Et c'était justement ce qui se passait pour les membres de l'équipage du yacht.
Jamais, depuis son départ de San-Francisco, le navire ne s'était trouvé si brillant.
Source : Gallica

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