Michèle Nicolaï

Résumé

Michèle Nicolaï La mort fait le trottoir

D’invisibles navires s’immobilisaient et, subjugués, de non moins invisibles marins obéissaient à leur fascination, et les serrant contre leurs gorges fières et leurs bouches offertes elles les entraînaient dans les profondeurs.
C’était là le triomphe des May Sisters. Il émanait de leur danse une volupté étrange, une morbidité sensuelle en laquelle se mêlaient l’amour et la mort. Et Liliane et Ruby étaient si semblables l’une à l’autre que l’œil cherchait en vain à les suivre en leurs évolutions et qu’il fallait s’abandonner au charme en renonçant à s’attacher à l’une plutôt qu’à l’autre.
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Michèle Nicolaï La mort fait le trottoir

Comme il sortait de l’hôtel Minerva, Neyrac eut la surprise d’apercevoir Marion Hérelle qui, du trottoir opposé, semblait examiner la façade de l’hôtel avec le plus vif intérêt. Il s’avança vers elle, la main tendue.
— Qu’est-ce que vous faites ici, chère amie ?
— Vous voyez. Je considère une demeure en passe de devenir historique. C’est passionnant. C’était une maison comme tant d’autres, sans style, sans caractère. Et voilà. L’Histoire, avec un grand H, est en train, en ce moment même, de la marquer d’un sceau indélébile.
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Michèle Nicolaï La mort fait le trottoir

Max sourit :
— Oh, il s’agit d’un simple roman. Mais j’ai désiré que l’atmosphère y soit exactement rendue. Que voulez-vous ; quand la tarentule de la littérature vous a piqué... C’est pourquoi j’ai loué une chambre à l’hôtel Minerva. Je puis ainsi voir vivre en son intimité la faune si caractéristique de ce quartier.
— Et votre femme n’a jamais redouté pour vous l’aventure à Montmartre ?
Max tira de sa poche sa pipe et sa blague.
— Vous permettez ? fit-il.
— Je vous en prie, dit Neyrac. Je suis moi-même fumeur.
Max hésita imperceptiblement, puis tendit sa blague.
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