Michèle Nicolaï, La mort fait le trottoir
“ D’invisibles navires s’immobilisaient et, subjugués, de non moins invisibles marins obéissaient à leur fascination, et les serrant contre leurs gorges fières et leurs bouches offertes elles les entraînaient dans les profondeurs. C’était là le triomphe des May Sisters. Il émanait de leur danse une volupté étrange, une morbidité sensuelle en laquelle se mêlaient l’amour et la mort. Et Liliane et Ruby étaient si semblables l’une à l’autre que l’œil cherchait en vain à les suivre en leurs évolutions et qu’il fallait s’abandonner au charme en renonçant à s’attacher à l’une plutôt qu’à l’autre. ”
