Victor Hugo

Victor Hugo

Résumé

Portrait de Victor Hugo Victor Hugo,  Le Pape

“ Raisonnons. Croyez-vous ce Dieu-là bien pratique ?
Tu dis : — Un Dieu n’est pas ce que vous supposez.
Un Dieu, c’est une tour dont on fait les fossés.
C’est une silhouette au delà d’un abîme.
Ne point le voir est mal, et trop le voir est crime.
L’autel, c’est lui. Jamais la foule n’admettrait
L’être pur, l’infini compliqué par l’abstrait.
Dieu, cela n’est pas, tant que ce n’est pas en pierre.
Il faut une maison pour mettre la prière.
Dieu doit aller, venir, entrer, passer, marcher.
Il a l’ange à sa porte, ainsi qu’un roi l’archer.
Homme, il me faut son pied imprimé sur mon sable.
”
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Portrait de Victor Hugo Victor Hugo,  Le Pape

“ Le gouffre, l’infini plein d’un vague courroux,
Ce damné tombant là ? Vous représentez-vous
L’ouverture des mains terribles dans l’abîme ?
Horreur ! l’homme interrompt le silence sublime,
Lui que Dieu mit sur terre afin qu’il attendît.
La justice d’en bas prend la parole et dit :
Ô justice d’en haut, c’est moi qui suis la vraie !
Fils, croyez un vieillard, nous sommes tous l’ivraie.
À peine aperçoit-on la faulx ; quant à la main,
Cachée en ce lieu noir qu’on appelle Demain,
Nous ne la voyons pas. Elle frappe à son heure.
Tuer cet homme ! ô ciel ! il me fait peur. Je pleure.
”
Source : Wikisource

Portrait de Victor Hugo Victor Hugo,  Le Pape

“ Autel doré, dédore-toi, rayonne !
Plaie au flanc du Christ, bouche auguste qu’on bâillonne
Ouvre tes lèvres, parle, et dis la vérité !
Rentre en ton patrimoine, homme déshérité.
Femmes, enfants, ayez des droits. Peuple, aie une âme.
À moi, prêtres ! Prêchez le vrai que je proclame ;
Soyez simples de cœur. Soyez, sous le ciel bleu,
Près des petits enfants pour être près de Dieu.
Plus le pontife est doux, plus le temple est sublime.
Tout s’évanouit et s’efface autour du pape.
Quoi ! plus de prêtres ! Quoi ! plus de temple ! ― L’abîme.
”
Source : Wikisource

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