Résumé

Portrait de Henri Ghéon Henri Ghéon L'Homme né de la guerre. Témoignage d'un converti… (1919)

Rien de beau, rien de noble, rien de doux au cœur, rien de charmant aux yeux qui n’y soit renfermé ! Or, au centre, il y a l’esprit. — J’admire tout, oui ! Mais mon choix est fait : et c’est, quoi que j’en aie, celui que désignent mes larmes : c’est Giotto, c’est Angelico, c’est le Masaccio de l’Apôtre Pierre ; tout le reste gravite autour. J’essaie bien de me raccrocher au paganisme : mais le maître de mon amour, dès à présent, c’est l’Art le plus rapproché de la Foi — si rapproché qu’on l’en distingue à peine ! L’œuvre d’art qui n’est pas prière me déçoit.
Source : Gutenberg

Portrait de Henri Ghéon Henri Ghéon L'Homme né de la guerre. Témoignage d'un converti… (1919)

Je n’attendais pas tant, faute de concevoir un idéal plus grand que l’homme ! Mon âme est à ce point comblée de ce qu’elle ignorait hier, qu’en vérité aucune autre réponse n’eût suffi à la contenter. Elle plane, elle s’envole et sans abdiquer sa raison. Car, voyez ce que c’est ! Même la raison trouve ici son compte. J’ai connu un saint, j’ai pleuré un saint et tout s’explique justement par sa sainteté : le prestige de Dupouey, ma timidité devant lui, mes pleurs étranges quand il meurt, ma certitude intime de sa gloire, tous mes pressentiments d’hier et toute ma joie d’aujourd’hui.
Source : Gutenberg

Portrait de Henri Ghéon Henri Ghéon L'Homme né de la guerre. Témoignage d'un converti… (1919)

Pareil devant la vie, soit ! Devant la mort, est-ce possible ? Je ne puis l’affronter avec la même inconscience. Elle n’est déjà plus le gouffre de mystère où tout l’être s’abîme, s’abandonne, renonce. Je sais qu’au delà de la tombe, Dupouey a trouvé une vie et des splendeurs. Qu’elles ne soient pas pour moi qui ne sais pas les mériter, n’importe ! Elles sont, puisqu’elles sont pour lui. Cette immortalité que me voilaient l’éclat du monde et la joie immodérée de mes yeux, que mon cœur pressentait et appelait lui-même, quand, tourné vers mes disparus, il réclamait : Pitié !
Source : Gutenberg

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature