Résumé

Camille Bellaigue Revue musicale - 14 juillet 1889

On doit le respect à la vieillesse du talent et peut être encore plus d’égards à de grands souvenirs qu’à d’heureuses promesses. On discute l’œuvre d’un commençant ; on s’incline devant celle d’un maître au terme d’une longue et belle carrière. La musique de M. Ambroise Thomas est ce qu’elle devait être : un peu pâle, un peu grise ; la flamme y manque, mais non pas les reflets, et çà et là tel ou tel morceau : l’introduction, le second pas des libellules, le sommeil de Miranda, les chœurs dans la coulisse, tout cela, par la pureté du style, par le bon goût de l’instrumentation
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Camille Bellaigue Revue musicale - 14 juillet 1889

Antar la délivre et le léger animal disparait. Le jeune homme s’endort, pour se réveiller dans un palais magique. La gazelle était fée : elle promet à son sauveur les trois grandes jouissances de la vie : la vengeance, le pouvoir et l’amour. Elle lui promet aussi la mort dès qu’il sentira la moindre fatigue, le plus léger dégoût de vivre. Après de longs jours heureux, une ombre passe dans les yeux du héros, et la fée alors lui donne un baiser, dont ils meurent ensemble.
Voilà, je crois, le comble de la musique descriptive et de la symphonie-programme, cette forme périlleuse de la symphonie.
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Camille Bellaigue Revue musicale - 14 juillet 1889

Ariel, Prospero, Miranda, qu’y a-t-il de commun entre la danse et vous, êtres exquis, symboles délicieux de l’idéalisme, de la bienveillance et de l’amour, de la compassion pour la souffrance et de l’indulgence pour les fautes humaines ? Qu’ont à faire les entrechats et les gambades avec ces féeries étranges, que l’auteur de Caliban appelait si bien « des batailles de l’idée pure ? » Derrière les fantaisies, les bizarreries, les obscurités même de la Tempête, on entrevoit du moins l’éternelle antithèse du bien et du mal, de la laideur et de la beauté
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