Charles Koechlin,
La Vie musicale pendant la guerre
“ « Je ne pense à aucune musique. Nuit et jour, depuis un an, j’entends à l’horizon gronder la bataille. » Au fond, ne le dissimulons point : bien que dictée par de nobles sentiments de solidarité humaine, cette attitude n’est point celle qu’il’faut souhaiter à l’artiste. L’inaction découragée est mauvaise en soi. Il est généreux — ou plutôt non : il est naturel — qu’on éprouve du regret et même quelque honte à ne pas se trouver parmi ceux de la Marne et de Verdun ; mais l’artiste qui repousse la Muse ou même qui ne l’appelle pas de toute sa force, diminue le patrimoine de beauté de son pays. ”
