Résumé

Camille Bellaigue Revue musicale - 14 avril 1911

Alors il vous semblera que la musique aussi, pour mieux adorer, tâche de s’anéantir, se réduisant, d’une part, à la simplicité la plus élémentaire de la forme sonore, et, de l’autre, a l’extrême ténuité des sons. Alors vous trouverez dans le chef-d’œuvre de Beethoven cette foi parfaite, intégrale, dont son esprit, il est vrai, ne lit qu’approcher, et, vous souvenant que « messe » veut dire envoi, ou message, vous tiendrez la Messe en ré pour l’un des plus sublimes que jamais le génie de l’homme ait adressés à Dieu.
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Camille Bellaigue Revue musicale - 14 avril 1911

« Benedictus qui venit in nomine Domini. » Jamais peut-être, de moins de paroles, plus de musique n’a jailli. Pas un élément : ligne, mouvement, rythme, qui n’en soit admirable. Tombant et retombant sans cesse, la mélodie a presque la beauté d’un geste, d’une perpétuelle offrande. Elle fait songer au Manibus date lilia plenis de Virgile, ou bien encore à cet ange qu’on voit au Louvre, dans une Sainte Famille de Raphaël, et qui jette à pleines mains des fleurs. L’effusion du sentiment ou de l’âme a même abondance et même générosité.
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Camille Bellaigue Revue musicale - 14 avril 1911

Sans être encore un chant, elle n’est qu’un appel, un cri, si l’on veut, mais il a sa force et sa beauté. Non moins courte (un mot et trois notes aussi) , l’intonation initiale du Sanctus est une mélodie encore. Au contraire, d’autres thèmes de la Messe ont ceci de particulier, qu’ils se dilatent, pour ainsi dire, à l’infini. C’est l’Agnus Dei, dont la courbe n’embrasse guère moins de vingt-cinq mesures ; surtout c’est le Benedictus, où rien n’est plus admirable que cette « longueur de grâces » dont a parlé, je ne sais plus où.
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