Résumé

A. de Bertha Revue des Deux Mondes

Le mode majeur n’en est pas autant banni que de la musique slave, il alterne avec le mineur d’un morceau à l’autre, de même que la gravité des cordes basses avec l’éclat de la chanterelle.
Cette ordonnance naïve, mais judicieuse, ne date que d’à peu près quarante ans : depuis que les chansons, les danses populaires se sont vues admises à L’honneur d’être jouées par les tsiganes. Jusqu’alors ils s’étaient renfermés dans l’exécution des morceaux graves, guerriers, s’adressant à la noblesse seule, qui formait seule le gouvernement et l’armée. C’était l’époque héroïque de la musique hongroise.
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A. de Bertha Revue des Deux Mondes

Tout cela prouve qu’en Hongrie on n’a jamais négligé la musique, et que les tsiganes se sont trouvés en présence d’un art relativement avancé et ayant ses racines dans le sol du pays. Il est difficile de croire que les Hongrois, très attachés à leurs coutumes, aient abandonné leur musique pour accepter celle d’une race qui n’était employée qu’aux métiers les plus vils, qui est l’incarnation de la fantaisie la plus échevelée, du vagabondage, incessant, et qui forme le plus complet contraste avec le caractère magyar.
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A. de Bertha Revue des Deux Mondes

Malgré les corvées et la dîme, il lui restait encore assez de vigueur pour chercher l’expression de ses passions dans la poésie ou la musique. Les veillées en hiver, pendant lesquelles s’égrène le maïs ou se file le chanvre, les siestes après le coucher du soleil en été, quand il est impossible de rester dans les maisonnettes surchauffées des villages, quand les rues étroites et les jardins exigus se remplissent de monde cherchant la fraîcheur : ces heures de délassement de la population campagnarde font naître mille chansons nouvelles.
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