Résumé

Camille Bellaigue Revue musicale - Esclarmonde à l’Opéra-Comique

Esclarmonde les redit à pleine voix, et des clochettes tintent joyeuses à l’unisson de ses cris joyeux. À la bonne heure ! voilà qui est bien ; cela est serré, franc et fort.
Les deux tableaux suivans n’en font qu’un ; ils se succèdent sans interruption et ne sont que les deux phases d’une même scène d’amour : avant et après. Pendant, l’on baisse un rideau et l’orchestre joue seul. Ce long, ou ce double duo, est évidemment le point culminant et le point délicat de l’ouvrage. Il en est sans contredit la meilleure page, celle où M. Massenet s’est le plus heureusement souvenu de lui-même.
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Camille Bellaigue Revue musicale - Esclarmonde à l’Opéra-Comique

Il y a là, je crois, un manquement à la délicatesse esthétique, un déplacement et peut-être un abaissement de l’idéal du musicien.
On ne s’en fût point alarmé, ni peut-être même aperçu, si le réalisme de cette musique était sauvé par une irrésistible beauté. L’art a le droit de rendre la sensation comme le sentiment, mais le devoir alors, pour se faire pardonner, de la rendre avec une intensité, avec une sincérité et une éloquence que nous ne trouvons pas dans Esclarmonde. Je vois ici les intentions du talent, je ne subis pas la souveraineté du génie.
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Camille Bellaigue Revue musicale - Esclarmonde à l’Opéra-Comique

Le bruit nuptial s’éteint peu à peu ; tout se détend et s’apaise ; mais voici que le rideau se relève sur un second tableau d’amour, d’amour satisfait et un peu las, quelque chose comme la vieille gravure du carquois épuisé. Entre les amans s’engage une nouvelle scène, naturellement plus calme. Dans la phrase qui revient deux fois, terminée soit par Roland, soit par Esclarmonde, on est heureux de ne plus retrouver l’essoufflement, la hâte fatigante, j’allais dire poussive, des pages qui précèdent.
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