Résumé

Camille Bellaigue Revue musicale - 30 juin 1911

Mais cet orchestre a généralement le défaut, puéril, de vouloir figurer le détail, et le moindre, de la matière, ou du matériel, plutôt que de l’esprit. Pas une porte ne se ferme, pas une horloge n’est placée, déplacée, replacée, qu’une note, un rythme, un accord, n’en prétende imiter le mouvement et le bruit. Quant à la comédie elle-même, tout en échappe, le dedans surtout, à cette musique recherchée et vaine. Elle ignore également l’ampleur de l’opéra bouffe, la finesse de l’opéra-comique et la caricature chère à l’opérette.
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Camille Bellaigue Revue musicale - 30 juin 1911

Aux sons d’une musique lointaine, et légère, et dansante, se répondent à mi-voix, à demi-mot, à mots couverts, des propos tristes et doux. Il n’y a pas beaucoup d’exemples, dans la comédie lyrique moderne, d’un rapport aussi délicat, d’un partage aussi juste et aussi harmonieux entre l’orchestre et le chant. Le premier acte de Thérèse en offre un second modèle : c’est un menuet, qu’un invisible clavecin mêle aux souvenirs, aux regrets échangés par les deux vertueux amans.
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Camille Bellaigue Revue musicale - 30 juin 1911

O Thérèse, regarde ces trois notes seules ont leur prix. Le compositeur n’a pas souvent trouvé quelque chose de plus tendre et de plus sincère dans l’ordre, non pas même de la mélodie, mais de l’intonation.
D’excellentes pages viennent alors et se suivent, sans hâte. Ici vraiment, chose rare aujourd’hui, le musicien a pris le temps de faire de la musique, et nous laisse, à nous, le loisir d’en entendre. Encore une fois, rien ne l’a pressé et rien ne nous presse. Rien ne manque et rien n’est de trop. Il est donc vrai que la musique, et la nôtre, peut être ou redevenir un plaisir, une émotion !
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