Résumé

Camille Bellaigue Revue musicale - Echos d’Italie

La grandeur, ou la généralité de la musique, ce caractère que Taine estimait nécessaire à l’œuvre d’art, s’en trouve un moment augmentée. Mais de nouveau tout s’apaise et se réduit. Les sons, qui s’étaient accrus en nombre, en force, en rapidité, se raréfient, se ralentissent et s’éteignent. Tout à l’heure âpre et rude comme un cri, comme un coup, l’appoggiature elle-même revient à la douceur d’une caresse ou d’un soupir, et la cantate s’achève ainsi qu’elle avait commencé, dans l’intimité, presque dans le secret d’une solitaire douleur.
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Camille Bellaigue Revue musicale - Echos d’Italie

Sur les toiles et dans la musique, avec la même liberté, c’est le même éclat de nacre et d’argent, le même luxe du décor ; l’atmosphère est pareille et semblables sont les cieux. Cieux de la nuit, mais surtout cieux du jour et des après-midi radieux, ce psaume est votre poème. Il est trois heures. Nous sortons de Venise, du côté de l’Orient. Nous allons vers Murano, plus loin encore, vers San Francesco, l’îlot de la solitude. La lagune est déserte. Sur l’onde sans une ride, l’azur sans un nuage étend son pavillon de soie.
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Camille Bellaigue Revue musicale - Echos d’Italie

Enfin un chant de Marcello me paraît aujourd’hui le triomphe, l’apothéose musicale de Venise, tant il surabonde de force, de lumière et de joie : c’est le psaume célèbre I cieli immensi narrano. Le rythme, le mouvement et la mélodie, la robuste et fière attaque, l’ample et riche développement des phrases qui retombent, ruissellent, comme de grands plis sur un fond transparent, tout, en ce chef-d’œuvre, s’accorde avec les « Venises reines » que peignit le Véronèse au plafond du palais ducal.
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