Auteur : Camille Bellaigue

Résumé

Auteur : Camille Bellaigue Revue des Deux Mondes

Serviteur de la parole, le chant grégorien ne l’est pas moins de l’esprit. Il est la forme spirituelle par excellence de la musique. Si pure et si dégagée de matière que soit la polyphonie palestrinienne, elle accorde pourtant un peu plus que la monodie grégorienne à la forme et, si l’on peut dire, au métier. L’harmonie et le contrepoint constituent un certain travail, un certain appareil, assurément tout idéal encore, dont le chant grégorien est exempt. La monodie liturgique est un art admirable par ses effets ; dans ses moyens, c’est à peine si l’art est sensible.
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Auteur : Camille Bellaigue Revue des Deux Mondes

« Rien, aux termes du Motu proprio, ne doit se rencontrer dans les temples, qui trouble ou seulement diminue la piété ni la dévotion des fidèles ; rien qui puisse leur donner un motif raisonnable de dégoût ou de scandale ; rien surtout qui puisse offenser le décorum ou la sainteté des cérémonies ; rien qui soit indigne de la maison de la prière et de la majesté de Dieu. » Or il semble bien que la musique d’église ait pris à tâche, si ce n’est à plaisir, d’enfreindre de telles défenses et de justifier d’aussi graves reproches.
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Auteur : Camille Bellaigue Revue des Deux Mondes

Elle l’est deux fois, car le plain-chant, fait pour le peuple, vient peut-être dans une certaine mesure de lui. La moderne musique d’église, au contraire, vient trop souvent du monde, et cela suffit pour qu’on la sacrifie à l’autre, car le peuple, et non le monde, est près de Dieu.
Le plain-chant a d’autres vertus encore, dont l’une, et non la moindre, est ce qu’on pourrait nommer la verbalité. Le Motu proprio constate ou rappelle à plusieurs reprises l’éminente dignité de la parole, ses droits au respect et à l’obéissance de la musique.
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