Chant grégorien

Définition et enjeux

Camille Bellaigue Revue des Deux Mondes

Admirable par la beauté des Lignes, la mélodie grégorienne l’est également par la diversité des modes ; elle l’est encore par un élément qui lui est propre, par son rythme, dont la mesure moderne peut envier la liberté, voire la fantaisie. Autant que mélodie, le chant grégorien est mélopée, vocalise même, une vocalise délicieuse d’élégance, voire de caprice.
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Camille Bellaigue Revue des Deux Mondes

Comme à saint Grégoire lui-même, la préséance appartint, dans la cérémonie de Saint-Pierre, au chant grégorien. Il y parut sous tous ses aspects ; il y manifesta toutes ses beautés. Une fois encore, on s’aperçut que, par un retour commun aux choses d’ici-bas, la plus vieille forme de la musique peut nous donner les impressions que nous demandons, — parfois en vain, — à l’art le plus nouveau. En un temps de polyphonie et d’orchestre à outrance, le chant grégorien nous rend les délices, depuis longtemps perdues, de la mélodie strictement homophone et vocale.
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Camille Bellaigue Revue des Deux Mondes

Il n’est point ici question de la musique liturgique et de cette forme d’art, active alors et vivante, qu’est le chant grégorien. Ne les écoutons pas non plus chanter à plusieurs voix, suivant les règles de l’un ou de l’autre des trois genres dont se composait la polyphonie du temps : l’organum, le conductus et le motet. Non. Les chansons de troubadours et de trouvères sont toujours des mélodies. Elles sont, presque toujours aussi, des mélodies profanes.
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