Résumé

Anonyme Guillaume d’Orange, le marquis au court nez

Sainte Marie, mère de Dieu, jamais de ma vie, je n’épouserai d’autre femme qu’elle.
— Seigneur Guillaume, reprit le messager, j’ai encore autre chose à vous dire. Ma maîtresse vous mande d’être sur vos gardes, puisque ceux d’Orange ont reçu l’ordre de marcher contre vous. Ils ne demandent pas mieux que de vous malmener ; s’ils viennent vous surprendre, vous êtes un homme mort.
— Mon Dieu ! fit Guillaume, que ne suis-je armé chevalier ! Sainte Marie, reine des cieux ! je frapperais tellement de mon épée, qu’elle serait teinte de sang jusqu’à la poignée !
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Anonyme Guillaume d’Orange, le marquis au court nez

Sainte Marie, reine du ciel, que ne suis-je morte et enterrée ! Mon désespoir ne finira qu’avec la vie.
Puis se tournant vers le comte Guillaume, elle lui dit :
— Ah ! seigneur, qu’avez-vous fait de Bertrand, de Guibelin et du vaillant Guichart, de Gautier de Termes et du preux Vivian ? de tous ces vaillants chevaliers ? Ah ! rendez-les moi sains et saufs et vivants !
— Dame, répondit-il, ils sont tous morts en Aleschant. Du côté de la mer nous trouvâmes Turcs, Sarrasins, Persans, ceux de Saragosse et de Palerne, et tous ceux d’Afrique.
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Anonyme Guillaume d’Orange, le marquis au court nez

Ils regardèrent du côté de l’Orient, où ils entendirent bruire le Rhône, et ils virent sur le chemin un pauvre diable qui venait de sortir de l’eau. Il s’appelait Gilbert et avait été prisonnier à Orange d’où il s’était sauvé.
Quand il eut passé le Rhône, il alla tout droit, par monts et par vaux, jusqu’à ce qu’il eut atteint Nîmes. Lorsqu’il eut pénétré dans la ville, il trouva Guillaume entouré de plusieurs braves chevaliers, assis à l’ombre d’un pin, devant la porte du château, où un jongleur leur chantait une vieille chanson bien belle et qui plut beaucoup au comte.
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