Résumé

Camille Bellaigue Revue musicale - 14 mars 1914

Du commencement à la fin, la Vie brève n’est presque pas autre chose. Mais l’action ici n’est pas extérieure et superficielle ; on en sent le progrès, ou la course, au dedans des âmes ; elle se révèle par des traits de sentiment et de passion, les uns énergiques et même rudes, les autres ingénieux et délicats. Enfin, et cela surtout importe, si prompte qu’elle soit, elle est musicale et ne cesse pas un moment de l’être. C’est en musique, et par la musique, que le drame existe, qu’il se meut, qu’il vit. Musique en raccourci, dira-t-on, étude ou pochade sonore.
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Camille Bellaigue Revue musicale - 14 mars 1914

Daisy, que le blanc linceul a presque toute recouverte, dort toujours, d’un sommeil semblable à la mort, et d’où la mort bientôt va s’ensuivre. Mais la mort même aura pour Daisy quelque douceur, une douceur où se mêleront jusqu’à la fin le réel et le rêve. C’est peut-être ici que le mélange est le plus agréable. Entre les deux élémens, l’équivoque est bien ménagée, gardée avec mesure, et, si l’on peut dire, filée avec délicatesse. Revenu dès l’aube sur la place, le bon joueur d’orgue retrouve sa petite camarade. Il la réveille, la réchauffe et la ranime pour quelques instans.
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Camille Bellaigue Revue musicale - 14 mars 1914

Est doux comme une fleur et fort comme un soutien.
(Il s’appelle tout simplement Greham.) Daisy, « entraînée par la duchesse, se dirige vers la grande porte, derrière laquelle il y a tant de lumière, de musique et de bonheur... Des voix heureuses, sortant par bouffées de l’hôtel, attirent Daisy comme des écharpes qui seraient des souffles... Daisy doit avoir bien froid ; mais elle sourit avec extase, car son âme, emportée par le rêve, est ailleurs, dans la maison et dans l’amour ; et ce n’est plus que son misérable corps qui est resté là, parmi la glaciale réalité... »
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