Résumé

Camille Bellaigue Revue musicale - 31 mai 1911

L’ensemble n’y écrase jamais de sa masse le détail agréable et varié des mouvemens, des modulations et des timbres. On aimerait de couper une scène, fâcheuse entre toutes, où Soledad et le prêtre échangent, sur d’étranges matières, des propos non moins singuliers et déplacés pareillement dans l’une et l’autre bouche. Il est heureux — pour cette fois — que la musique empêche, plus qu’à demi, d’entendre les paroles. Et celles-ci, du moins deux ou trois de celles-ci, gâteront encore une fin d’acte qui sans cela pourrait être tout à fait belle.
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Camille Bellaigue Revue musicale - 31 mai 1911

Le musicien du Voile du bonheur a gardé cette réserve et cette retenue. Par là, sa musique, étrangère d’ailleurs à la pratique, à la lettre de la musique chinoise, en a du moins, peut-être sans le savoir, observé l’esprit. Et c’est la principale raison pour laquelle, sans nous « donner la joie, » elle ne nous causa nul déplaisir.
La joie, M. Jean Périer nous l’a donnée, et parfaite. Il a, dans le rôle de l’aveugle, et du voyant, fait œuvre, chef-d’œuvre même, de comédien et de chanteur. Décidément, pour un artiste lyrique, le grand malheur, c’est une grande voix.
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Camille Bellaigue Revue musicale - 31 mai 1911

En de pareils momens, on a beau voir, sentir les défauts, ou plutôt les excès qui gâtent la nouvelle œuvre de M. Laparra, quand on y trouve un de ces éclats, de ces éclairs, on reprend confiance et l’on ne saurait convenir que le musicien de la Habanera ait trahi toutes ses promesses. Encore et toujours il y a quelque chose là, quelque chose de simple et de vrai, de fort et de vivant. La jota chantée et dansée est menée avec une verve toute populaire. La vigueur n’y exclut pas la finesse et la légèreté. L’air y circule à travers les groupes sonores des instrumens et des voix.
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