Résumé

Revue Musicale de Lyon 1904-02-24…

Le compositeur le plus sérieux ne donne pas au ténor le temps de traverser la scène pour presser la bien-aimée dans ses bras, ou bien le pauvre diable doit attendre là, pendant des minutes, ne sachant que faire, parce qu’il plait au compositeur de s’adonner au développement symphonie d’une idée qui lui paraît belle. Avant d’entreprendre un opéra, aujourd’hui, tout auteur doit se rendre compte s’il a, pour ce genre, un talent marqué, car je le répète, écrire un opéra et écrire une symphonie font deux.
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Quantité de gens pourraient venir sur la scène réciter le « Paradis perdu », mais le résultat ne donnerait pas un drame. C’est précisément ce que font ces musiciens quand ils mettent en scène nombre d’acteurs pour chanter de la musique qui n’est pas dramatique mais symphonique. La symphonie et l’opéra sont deux choses différentes, et dire que parce qu’un homme est musicien, il s’ensuit qu’il puisse écrire un opéra, c’est dire qu’un prosateur est nécessairement un poète, un poète un dramaturge, un peintre un sculpteur.
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Il est de l’essence même de l’opéra, aujourd’hui, que le drame soit fort et il y a, dans la musique, beaucoup à sacrifier, comme aussi beaucoup à ajouter, dans l’intérêt du drame. Une série de chansons portant des noms de plantes ou de légumes (voy. Schumann) n’est pas nécessaire au théâtre : sa place est dans une salle de concert. Quand le compositeur est lui-même son librettiste, comme, à mon avis, il devrait toujours être, il peut naturellement faire de nombreux arrangements, et quand le compositeur et le librettiste travaillent ensemble, il peut en être de même.
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