Résumé

Paul Franchet Revue Musicale de Lyon 1904-03-09…

Dans tout ce presto, Beethoven s’efforce avec une énergie obstinée dans la première phrase et certains développements, avec une éloquence calme et persuasive dans la deuxième phrase, avec un souffle ardent et grandiose dans la troisième phrase, de nous inculquer ce sentiment le plus pur et le plus élevé de tous, qui a nom l’enthousiasme. « L’enthousiasme, dit Madame de Staël, dans son livre de l’Allemagne, c’est l’amour du beau, l’élévation de l’âme, la jouissance du dévouement réunis dans un même sentiment qui a de la grandeur et du calme. »
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De fait, après avoir entendu ce presto, on se sent la puissance de prendre une décision généreuse, d’accomplir un acte héroïque. On s’imagine pendant quelques instants être transporté dans un monde meilleur, loin des petitesses et des vulgarités de la vie quotidienne.
Le héros de Tolstoï obnubilé par la jalousie a complètement méconnu la portée philosophique et l’élévation morale de ce presto, le plus beau des trois mouvements de la sonate. La jalousie plutôt injustifiée de ce personnage le porta peu après l’audition de cette sonate a assassiner sa femme.
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Ailleurs il lui adresse le reproche suivant : « Cette musique provoque une excitation sans résultat. Une marche fait marcher, une danse fait danser, la musique sacrée nous conduit à l’autel, tout cela a un résultat... Ici, excitation, excitation pure sans but. » Il conclut : « C’est de là que viennent les dangers de la musique et ses conséquences parfois épouvantables. »
Ce jugement porté par le héros de Tolstoï sur le presto de la sonate à Kreutzer contient une très réelle part de vérité. Il est parfaitement erroné sur le point essentiel.
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