Résumé

Portrait de Maurice Kufferath Maurice Kufferath L’Art de diriger l’orchestre

L’orchestre est, quoiqu’on pense, le plus délicat et le plus docile des instruments. Tout ce qu’un chef habile voudra faire exprimer à son orchestre, il pourra le lui faire exprimer, pourvu qu’il le veuille. S’il est souvent vrai de dire : « tant vaut l’orchestre, tant vaut le chef », la proposition contraire n’est pas moins certaine : « tant vaut le chef, tant vaut l’orchestre ». Il n’est pas d’exécution fondue et harmonieuse qu’on ne puisse obtenir d’un corps de musique composé d’artistes même de force moyenne.
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Portrait de Maurice Kufferath Maurice Kufferath L’Art de diriger l’orchestre

En résumé, aux yeux de Wagner, c’est là l’essentiel : dégager le melos.
La compréhension exacte de la mélodie peut seule donner le sens exact du mouvement ; l’un est inséparable de l’autre, la mélodie détermine le mouvement. On ne saurait mieux dire. Seulement nous tournons ici dans un cercle vicieux. Toute mélodie doit avoir un caractère et ce caractère ne dépend pas seulement du dessin de la mélodie et du mouvement qu’on lui donne ; un troisième élément sert à le déterminer, c’est l’accent donné à ce dessin et à ce mouvement.
L’accent est en réalité l’âme de la musique.
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Il n’en est plus de même depuis que l’art musical possède les symphonies de Haydn, Mozart et Beethoven, et que l’expression dans l’orchestre s’est développée d’une façon si surprenante. Il est grand temps qu’un esthéticien minutieux et attentif détermine une fois pour toutes le sens précis et exact de ces termes italiens dénués de sens pour la plupart des lecteurs, et qui se rapportant à une musique que nous n’entendons plus, ne servent le plus souvent qu’à troubler l’exécutant, ne pouvant lui donner la notion juste de ce qu’a voulu le compositeur.
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