Accent (musique)

Définition et enjeux

Portrait de Jean-Jacques Rousseau Jean-Jacques Rousseau,  Dictionnaire de musique, par J.-J. Rousseau (1768)

“ Aussi devons-nous admettre pour une maxime incontestable que le plus ou moins d'Accent est la vraie cause qui rend les langues plus ou moins musicales : car quel seroit le rapport de la Musique au discours, si les tons de la voix chantante n'imitoient les Accens de la parole ? D'où il fuit que, moins une langue a de pareils Accens, plus la Mélodie y doit être monotone, languissante & fade ; a moins qu'elle ne cherche dans le bruit & la force des sons le charme qu'elle ne peut trouver dans leur variété. ”
Source : Gallica

Mathis Lussy,  Traité de l'expression musicale… (1874)

“ Il n'y a donc rien d'étonnant qu'on ait pu dresser des machines qui renden t convenablement les accents soit métriques, soit rhythmiques, lesquels reviennent toujours, on l'a vu, à intervalles réguliers, et sont séparés par des notes non accentuées.
Nous allons maintenant entrer dans le domaine du sentiment. Pour être senti et rendu, l'accent pathétique exige une âme; aussi est-il le signe artistique par excellence. On pourrait l'appeler, à juste titre, accent poétique.
”
Source : Gallica

Mathis Lussy,  Traité de l'expression musicale… (1874)

“ Il vous entraîne tous, haletants, jusqu'à ce que lançant par un suprême effort, les derniers feux de son âme, sa voix fléchit, succombe et expire en jetant le frisson dans l'auditoire. Voilà l'accent pathétique t et le mouvement passionnel. Ils résultent des efforts faits par l'artiste pour mettre en relief certaines notes irrégulières, c'est-à-dire étrangères à la gamme ou au mode dans lesquels la phrase se trouve ou qui brisent la régularité des accents métriques, rompent la symétrie des rhythmes, et, par conséquent, choquent, heurtent le sentiment. ”
Source : Gallica

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