Résumé

Antonio Scoppa Des beautés poétiques de toutes les langues… (1816)

Une langue quelconque a un accent tonique dominant sur une syllabe de chaque mot. La nature a donné, et elle ne pouvait pas refuser, cet accent sans lequel la parole ne serait plus parole. Cet accent, qui donne l'être à la parole, qui en est lame, qui l'arrondit, et qui est comme un centre d'unité auquel vont se rallier les syllabes pour faire un tout; cet accent, dis-je, ne peut être qu'un seul dans chaque mot. Un mot avec deux ou trois accents, n'est pas un mot, mais deux ou trois mots.
Source : Gallica

Antonio Scoppa Des beautés poétiques de toutes les langues… (1816)

Nul doute que pour former du rhythme il ne faille des accents, et des accents abondamment répandus dans les langues. Mais il n'est pas accordé à tout le monde de les combiner: l'art même est inutile, si la nature n'y concourt par ses inspirations qui font le génie de quelques êtres privilégiés. Nul doute aussi que les phrases en prose n'aient autant d'accents que les mêmes phrases en vers : l'une et l'autre ont un certain retour de ces accents et de ces percussions : la prose en effet a elle-même un certain rhythme qui lui donne de l'ordre, de la rondeur, de la mesure, et des cadences.
Source : Gallica

Antonio Scoppa Des beautés poétiques de toutes les langues… (1816)

Et voilà la raison pour laquelle on a donné la règle que dans les hexamètres la césure doit avoir lieu toujours au milieu et jamais à la fin des mots latins, et toujours après la syllabe frappée, munie d'un accent tonique. Cette seule raison pouvait suffire pour déterminer la nature de l'hexamètre, si l'on eût apporté à l'examen de cette question un esprit éclairé et dégagé de toute fausse prévention. La nature de la césure dans les vers et dans les mesures musicales et harmoniques, est de séparer un pied d'un autre; jamais un demi-pied d'un autre demi-pied.
Source : Gallica

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