Résumé

Louis Marie Quicherat Petit Traité de versification française

Corneille, Boileau, les deux Racine, J. B. Rousseau, Voltaire, sont étudiés dans les colléges et dans toutes les maisons d’éducation.
Cependant les règles de notre versification sont généralement ignorées. On voit dans la poésie la même chose que dans la prose, les pensées et l’expression ; l’on néglige la partie technique. On sait que nos vers sont rimés, et l’on n’a aucune idée des règles de la rime. On croit, on sent même qu’ils ont une cadence, et l’on ne pourrait dire ce qui produit cette cadence. On se tromperait même sur le nombre de syllabes qu’il faut attribuer à une foule de mots.
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Louis Marie Quicherat Petit Traité de versification française

Si l’harmonie du style est nécessaire à l’éloquence, elle l’est bien plus encore à la poésie. Le poëte, en adoptant le rhythme cadencé du vers, s’est engagé à offrir à l’oreille un charme qu’elle ne trouvait pas dans la prose : à plus forte raison doit-il, à l’exemple de l’orateur, choisir, parmi les mots qui se présentent à lui, ceux qui sont les plus doux à prononcer, et faire en sorte que leur mélange produise encore une agréable impression.
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Boileau, dans ces vers de l’Art’ poétique, nous a donné à la fois le précepte et l’exemple
H est un heureux choix de mots harmonieux ; Fuyez des mauvais sons le concours odieux Le vers le mieux rempli, la plus noble pensée Ne peut plaire à l’esprit, quand l’oreille est blessée. Racine est peut-être, de tous nos poëtes, celui qui avait le sentiment le plus exquis de l’harmonie.
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