Enjambement

Définition et enjeux

Portrait de Alfred Bougeault Alfred Bougeault,  Principes de composition et de style… (1853)

“ Il y a enjambement quand le repos manque à la fin du vers, et qu'il y a un rejet du sens au commencement du vers suivant : L'enjambement est un défaut, quand il ne sert pas à produire une beauté. C'est à dessein que Delille a amené ilen.
jambement suivant : Soudain le mont liquide, élevé dans les airs, Retombe ; un noir limon bouillonne au fond des mers,
L'enjambement est défendu dans le vers français à cause de la rime, qu'il tendrait à faire disparaître
”
Source : Gallica

Maurice Grammont,  Petit Traité de versification française

“ Rien n’empêche, même dans ce cas, de reprendre sa respiration à la fin du vers ; aussi bien c’est souvent la meilleure manière de très bien dire.
Il résulte aussi des considérations précédentes qu’un bon rejet ne doit pas dépasser l’étendue d’une mesure ; si, dans l’alexandrin, il va rejoindre la coupe de l’hémistiche, l’effort se disperse et l’effet se perd.
L’enjambement et la rime. — La Harpe prétendait que nos vers ne peuvent pas enjamber, parce qu’ils riment. Au contraire, c’est la rime qui leur permet d’enjamber.
”
Source : Wikisource

D' Angély,  Cours de littérature et de belles-lettres… (1843)

“ Que toujours dans vos vers | le sens coupant les mots Suspende l'hémistiche, | en marque le repos.
Outre l'hémistiche, qu'on appelle aussi césure, il y a d'autres repos ou césures mobiles qui varient la forme du vers ; mais on ne doit les employer que dans les genres moins élevés. Dans le genre noble on doit rigoureusement conserver le repos au milieu.
Le repos final est indispensable pour éviter l'enjambement d'un vers sur un autre. Longtemps toléré dans la poésie française, l'enjambement a été proscrit au commencement du dix-septième siècle dans les
”
Source : Gallica

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