Résumé

E. Beulé Un sculpteur contemporain et le principe du concours

Le torse, qui est dans une pose si développée, qui s’offre tout entier à la sculpture, puisque les bras sont relevés et le découvrent, le torse est, à mon avis, le morceau capital, celui où l’artiste s’est complu avec amour, où il s’est mis tout entier. Le ventre, légèrement replié sur lui-même, respire comme dans la nature. Les clavicules, les muscles du dos, les pectoraux, les flancs, toutes les surfaces et même tous les accidens d’un type généreux sont rendus avec un talent que j’admire.
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E. Beulé Un sculpteur contemporain et le principe du concours

Une chevelure épaisse projette son ombre sur le front et sur les parties de la tête les plus voisines. Le visage, quoique inspiré par la nature, a une teinte d’idéal, quelque chose de la beauté des masques tragiques. Le corps lui-même est agrandi, transfiguré. Ce n’est ni un type délicat que l’artiste a représenté, ni un malade ; c’est un jeune héros. La force physique fait avec l’abattement de l’âme un contraste qui était nécessaire.
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E. Beulé Un sculpteur contemporain et le principe du concours

Dans une société aussi compliquée que la nôtre, la loi la plus juste, la plus humaine, malgré ses apparences, c’est que la liberté ne serve qu’à constituer l’aristocratie du talent. Or le concours est-il autre chose qu’une comparaison, sans cesse renouvelée, qui aide le talent à surgir ?
S’il est une branche de l’art qui soit surtout exposée à cette indifférence regrettable, c’est la sculpture. Chaque époque a ses préférences. La nôtre aime avec passion la musique, elle goûte assez vivement la peinture ; mais la sculpture ne lui plaît guère.
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