Résumé

Maurice Grammont Petit Traité de versification française

Il n’y a qu’un principe admissible pour le compte des syllabes : se conformer le plus possible à la prononciation de la langue vivante. La poésie de l’ancien français faisait ainsi ; la poésie d’aujourd’hui doit faire de même et tenir compte des changements qu’a subis la prononciation. Si les écoles poétiques du dernier quart de siècle, qui ont éprouvé avec tant de raison le besoin de rajeunir notre versification, l’avaient étroitement modelée sur la prononciation contemporaine, cette simple réforme les aurait peut-être menées au but qu’elles n’ont pas atteint.
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Maurice Grammont Petit Traité de versification française

Une reine n’est pas reine sans la beauté,
et de même sur la sixième syllabe de tous les autres. V. Hugo s’est toujours violemment élevé contre ceux de ses prétendus imitateurs qui faisaient des vers sans accent tonique à cette place. Mais comment les vers peuvent-ils avoir des accents toniques là où la prose n’en a pas ? Parce ce que sont des vers, c’est-à-dire parce qu’ils ont un rythme qui n’est pas celui de la prose. C’est le rythme, et le rythme seulement, qui peut appeler un accent tonique sur une syllabe où la prose n’en admet pas.
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Maurice Grammont Petit Traité de versification française

Quant aux vers libres, ils ne sont des vers qu’à condition d’être rimés ; sans rimes il est impossible de reconnaître leur forme et de savoir à quel endroit l’on passe d’un vers à un autre ; sans rimes ils ne sont des vers que sur le papier et pour les yeux. Or les vers sont essentiellement faits pour être entendus : leurs coupes, leur rythme, leur musique, leur rime, tout ce qui les constitue est fait en vue de l’oreille. Lire des vers seulement des yeux est un contre-sens.
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