“ La mort, la mort, partout la mort. J’en voulais à ce cadavre, sous son calme linceul, de me surprendre de la sorte, de me souiller mon entrée dans la salle Vélâqui. Et ce qui me désolait davantage, c’était l’indifférence de mes voisins, de la surveillante, des infirmiers. Tous semblaient trouver naturel que quelqu’un mourût ainsi, qu’on fermât les rideaux autour de lui, sans plus de façons. Ces Morticoles n’avaient donc point d’âmes ! Aucun cœur ne battait sous leurs os desséchés ! ”
Mortaise
Définition et enjeux
La mortaise est un trou rectangulaire creusé dans une pièce afin d'accueillir un tenon, garantissant ainsi la solidité d’un assemblage en bois. Ce procédé, courant en menuiserie et en charpenterie, a été abordé par plusieurs auteurs à travers des réflexions sur la mort et l’existence.
Léon Daudet, dans Les Morticoles, présente la mort comme un thème central, illustrant son impact sur l’humain, tandis que Virgile, dans l’Énéide, la rend présente partout. Ces approches, bien qu’axées sur la mort, démontrent une attirance pour les structures et les liaisons, tant concrètes qu’symboliques, qui sous-tendent l’œuvre de ces auteurs.
Citations sur “mortaise”
“ Mais la plupart, au bout de huit à dix jours, montent gentiment à leurs chambres et s’imbibent de chloroforme, comme on le leur a enseigné, ou bien avalent leurs gouttes de poison. Les amoureux de l’antique s’ouvrent les veines dans des bains tièdes et parfumés. Ces suicides-là ne comptent pas, premier avantage. On ne les porte pas sur les statistiques et vous savez que nous autres Morticoles ne marchons qu’avec cette science merveilleuse, par laquelle le blanc devient noir, le rouge jaune, et qui répond à tous les arguments. ”
J.-Charles Laveaux, Les nuits champêtres (1783)
“ Le spectre hideux s'avance, il moissonne les mortels tremblans; ils tombent sous ses coups, comme l'herbe sous le bras du faucheur. Hommes insensés! vous-mêmes avez forgé ce monstre qui vous effraie, la Mort n'a point ces caracteres affreux. Elle regne en souriant sur univers; elle vient d'un air attendri essuyer les larmes du malheureux, elle l'arrache à la fureur de l'envie, de la haine, de la vengeance; elle rompt tous ses fers, elle le rend à la nature. La Mort ne porte point une faulx tranchante, elle ne frappe point avec fureur. ”
